Gouverneurs du Canada
     
     
     
 
1867 - 1873
 
     

Sir John Alexander Macdonald

Homme d'État canadien, premier Premier ministre du dominion du Canada (1867-1873), puis à nouveau Premier ministre de 1878 à 1891.

Macdonald naquit à Glasgow en Écosse (Grande-Bretagne) le 11 janvier 1815. En 1820, il immigra au Canada avec ses parents qui s'installèrent à Kingston (Ontario), où il étudia le droit. En 1836, il fut admis au barreau. Orientant sa carrière vers la politique, il fut élu à la législature provinciale comme membre conservateur en 1844 ; il devint par la suite attorney général et finalement Premier ministre de la province du Haut-Canada (Ontario).
Au cours des années 1860, Macdonald et Georges Étienne Cartier, le chef conservateur du Bas-Canada (Québec), prirent la tête d'un mouvement en faveur de l'union des colonies britanniques en Amérique du Nord. Le rêve de Macdonald devint réalité lorsque le Parlement britannique adopta l'Acte de l'Amérique du Nord britannique en 1867, qui créait le dominion du Canada. Il fut élu deux fois Premier ministre du nouveau dominion (1867-1873 et 1878-1891) et mit tout en œuvre pour l'agrandir et le renforcer. Sous sa direction, le Canada connut une véritable expansion et finit par inclure les terres de Rupert (comprenant les provinces actuelles de la Prairie, soit l'Alberta, le Manitoba et la Saskatchewan), les territoires du Nord-Ouest (achetés à la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1870, dont Macdonald avait supprimé le monopole un an plus tôt), ainsi que la Colombie-Britannique (1871) et l'Île-du-Prince-Édouard (1873). Conformément à sa politique nationale en faveur de l'autarcie économique, le Canadian Pacific Railway (voie ferrée transcontinentale) fut construit pour relier l'Est et l'Ouest (1885) et des tarifs douaniers élevés furent imposés pour protéger la production canadienne.

     
 
1873 - 1878
 
     

Alexander Mackenzie

Homme politique canadien, le premier chef du gouvernement libéral du Canada

Né à Logierait en Écosse (Grande-Bretagne) en 1822, il émigra à Kingston dans l'Ontario, au Canada, en 1842. Après avoir été tailleur de pierre puis entrepreneur en bâtiment, il devint rédacteur en chef de l'organe du Parti libéral à Lambton, au Québec, en 1852. Il fut élu à l'Assemblée législative du Canada (Ontario et Québec) en 1861 et collabora avec le chef du Parti libéral, George Brown. Lorsque le Canada devint un dominion en 1867, il prit la tête de l'opposition libérale dans la première Chambre des communes. En 1873, à la suite de la victoire des libéraux sur les conservateurs conduits par sir John Alexander Macdonald, Mackenzie devint le premier chef du gouvernement libéral du Canada. Il occupa ce poste jusqu'à sa mort en 1878. C'est sous son mandat que fut créée la Cour suprême canadienne et que le gouvernement territorial des Territoires du Nord-Ouest fut établi.

     
 
1891 - 1892
 
     

L'honorable sir John Joseph Caldwell Abbott

Né le 12 mars 1821 à St. Andrews, Bas-Canada - Mort le 30 octobre 1893 à Montréal, Québec, Canada d'un cancer

Premier Premier Ministre né au Canada
Premier Sénateur qui devient Premier ministre
Premier Premier Ministre qui a été membre des deux Chambres KCMG en 1892
De descendance irlandaise

1887 - 1891 : Ministre sans portefeuille
1891 - 1892 : Président du Conseil privé

     
     
 
1892 - 1894
 
     

Le très honorable sir John Sparrow David Thompson

Né le 10 novembre 1844 à Halifax, Nouvelle-Écosse, Canada - Mort le 12 décembre 1894 au Château de Windsor, Angleterre d'une insuffisance cardiaque

Avocat, chargé de cours

Premier Premier ministre catholique
Premier Premier ministre d'une province (Nouvelle-Écosse) à devenir Premier ministre du Canada KCMG 1888
De descendance irlandaise

1885 - 1894 : Ministre de la Justice et Procureur général du Canada

     
 
1894 - 1896
 
     
     

L'honorable sir Mackenzie Bowell

Né le 27 décembre 1823 à Rickinghall, Suffolk, Angleterre -  Mort le 10 décembre 1917 à Belleville, Ontario, Canada

Imprimeur, rédacteur

1878 - 1891 : Ministre des Douanes
1891 - 1892 : Ministre des Douanes
1891 - 1892 : Ministre des Chemins de fer et canaux (intérimaire)
1892 : Ministre de la Milice et de la Défense
1892 - 1894 : Ministre du Commerce
1894 - 1896 : Président du Conseil privé
1896 : Ministre des Finances et Receveur général (intérimaire)
1896 : Ministre de la Milice et de la Défense (intérimaire)

     
 
1896
 
     
     

Le très honorable sir Charles Tupper

Né le 02 juillet 1821 à Amherst, Nouvelle-Écosse, Canada - Mort le 30 octobre 1915 à Brixley Heath, Kent, Angleterre d'une insuffisance cardiaque

Médecin

Le plus vieux à devenir Premier ministre du Canada

Le Premier ministre qui est resté le moins longtemps en fonction

Premier ministre de la Nouvelle-Écosse de 1864-1867

L'un des Pères de la Confédération

1870 - 1872 : Président du Conseil privé
1872 - 1873 : Ministre du Revenu intérieur
1873 : Ministre des Douanes
1878 - 1879 : Ministre des Travaux publics
1879 - 1884 : Ministre des Chemins de fer et canaux
1887 - 1888 : Ministre des Finances et Receveur général
1896 : Secrétaire d'État du Canada (1896.01.15 - 1896.04.27)
1864 - 1867 : Premier ministre (Nouvelle-Écosse)

     
 
1896 - 1911
 
     

Le très honorable sir Wilfrid Laurier

Né le 20 novembre 1841 à Saint-Lin (aujourd'hui les Laurentides, au Québec) de souche française et canadienne, il fit ses études à l'université McGill de Montréal. Après avoir été admis au barreau en 1864, il exerça tout d'abord à Montréal et, plus tard, à Athabaskaville (aujourd'hui Athabaska). En 1871, il fut élu en tant que libéral à la législature provinciale du Québec et, en 1874, à la Chambre des communes canadienne. Alors qu'il siégeait à la Chambre, il lutta en faveur d'un rapprochement des peuples francophone et anglophone du Canada. En 1877, il occupa brièvement le poste de ministre des Contributions directes et, en 1896, devint Premier ministre du Canada alors qu'il était chef du Parti libéral depuis 1887. Son gouvernement fut marqué par l'expansion du commerce canadien, par la construction des lignes de chemin de fer transcontinentales : le Grand Trunk (1904) et la Canadian Northern (aujourd'hui Canadian National Railways), par la résolution du conflit des frontières entre l'Alaska et la Colombie-Britannique et par le développement des ressources et de l'agriculture canadiennes. Bien qu'il maintint l'autonomie du Canada, il développa des liens plus étroits avec le Royaume-Uni (tarifs douaniers préférentiels, envoi de troupes dans la guerre des Boers) et prôna le retrait des frontières économiques avec les États-Unis. Cependant, il ne put éviter les critiques des nationalistes québécois menés par son ancien partisan Henri Bourassa. Il dut quitter le gouvernement en 1911 en raison de son projet sur le libre-échange avec les États-Unis. Laurier continua de diriger l'opposition sous l'étiquette du parti libéral à la Chambre des communes. Pendant la Première Guerre mondiale, il soutint la politique d'aide au Royaume-Uni des conservateurs et appela les Canadiens français à s'engager comme volontaires et à se battre aux côtés du Royaume-Uni. Il s'opposa toutefois à la conscription et refusa, par conséquent, de rejoindre le gouvernement de coalition de temps de guerre du Premier ministre sir Robert Laird Borden.

     
 
1911 - 1920
 
     

Le très hononorable sir Robert Laird Borden

Né à Grand Pré (Nouvelle-Écosse). Il étudia le droit à Halifax et devint un influent avocat de droit constitutionnel en Nouvelle-Écosse. En 1896, il fut élu à la Chambre des communes canadienne comme conservateur et devint chef de l'opposition conservatrice en 1901. Borden fut élu Premier ministre du Canada en 1911 et commença à revoir la politique du gouvernement pour satisfaire aux besoins de la nouvelle société industrielle du pays. Pendant la Première Guerre mondiale, son gouvernement apporta le soutien énergique du Canada aux efforts des alliés et arriva à faire entendre la voix des nations membres du Commonwealth lors des prises de décisions politiques britanniques. C'est surtout grâce à ses efforts que le Canada s'assura un siège indépendant à la Ligue des nations. En 1917, Borden apporta son soutien à la loi sur le service militaire instituant la conscription, qu'il jugeait nécessaire à l'effort de guerre. La mesure buta sur l'opposition des Canadiens francophones et contribua au renforcement de l'antagonisme entre ceux-ci et les anglophones. Borden forma un gouvernement de coalition en 1917 et resta Premier ministre jusqu'à ce que des problèmes de santé le contraignent à démissionner en 1920.
En tant que Premier ministre, Borden participa à la conférence sur la guerre à Londres en 1917 et à la conférence de la paix à Paris en 1919 et 1920, qui ratifiait le traité de Versailles et mettait ainsi fin à la Première Guerre mondiale. Il représenta également le Canada à la conférence de Washington sur le désarmement naval (1921-1922).

     
 
1920 - 1921
 
     

Le très honorable Arthur Meighen

Né le 16 juin 1874 à Anderson, Ontario, Canada - Décédé le 05 août 1960 à Toronto, Ontario, Canada d'une insuffisance cardiaque

Avocat

1913 - 1915 : Solliciteur général du Canada
1915 - 1917 : Solliciteur général du Canada
1917 : Ministre des Mines
1917 : Secrétaire d'État du Canada
1917 : Solliciteur général du Canada (intérimaire)
1917 - 1920  : Surintendant général des Affaires indiennes
1917 - 1920 : Ministre de l'Intérieur
1919 - 1920 : Ministre des Mines
1920 - 1921 : Secrétaire d'État aux Affaires extérieures
1926 : Secrétaire d'État aux Affaires extérieures

1926 : Président du Conseil privé
1932 : 1935 Ministre sans portefeuille

     
 
1921 - 1930
 
     

Le très honorable William Lyon Mackenzie King

Né le 17 décembre 1874 à Berlin(Kitchener), Ontario, Canada - Mort le 22 juillet 1950 dans le Comté de Wright, Québec, Canada d'une pneumonie

Spécialiste du domaine du travail, fonctionnaire principal, gentilhomme, journaliste, rédacteur, avocat, auteur

C'est King qui fut le plus longtemps Premier ministre de tout le Commonwealth

1909 - 1911 : Ministre du Travail
1921 - 1926 : Secrétaire d'État aux Affaires extérieures
1921 - 1926 : Président du Conseil privé
1926 - 1930 : Secrétaire d'État aux Affaires extérieures
1926 - 1930 : Président du Conseil privé
1935 - 1946 : Secrétaire d'État aux Affaires extérieures
1935 - 1948 : Président du Conseil privé

     
 
1930 - 1935
 
     

Le très honorable Richard Bedford Bennett

Né à Hopewell Cape (Nouveau-Brunswick) en 1870, il fit ses études à l'université de Dalhousie (Halifax, Nouvelle-Écosse). Il exerça le droit en Alberta et entra dans la vie politique au Canada-Ouest. En 1911, il fut élu à la Chambre des communes comme représentant de Calgary. Par la suite, il occupa plusieurs postes politiques et prit la tête du parti conservateur en 1927.
Lorsque les conservateurs arrivèrent au pouvoir aux élections de 1930, Bennett devint Premier ministre. Il se vit immédiatement confronté aux énormes problèmes économiques de la grande dépression, conséquence de la crise de 1929 (1929-1933). Son administration essaya sans succès d'aider les agriculteurs et les chômeurs. De nouveaux programmes furent nécessaires pour stimuler l'économie, mais les hésitations et les dissensions du parti rendirent inefficace toute mesure de ce type. Le gouvernement de Bennett réussit toutefois à instituer des lois sur les accidents du travail et le salaire minimum. Le parti fut battu lors de l'élection générale de 1935. Bennett resta le chef du parti conservateur jusqu'en 1938 et se retira de la vie politique l'année suivante. Il s'installa ensuite en Angleterre où il reçut la pairie de Calgary, de Mickleham et de Hopewell en 1941.

     
 
1935 - 1948
 
     

Le très honorable William Lyon Mackenzie King

     
 
1948 - 1957
 
     

Le très honorable Louis Stephen St-Laurent

Né à Compton (province de Québec), il fit ses études au collège Saint-Charles et à l'université Laval (Québec). Il commença à exercer le droit dans la ville de Québec en 1905, devint professeur de droit à l'université Laval en 1914 et fut président de l'Association du barreau canadien de 1930 à 1932. Membre influent du parti libéral du Canada, il entra au gouvernement en 1941 comme ministre de la Justice et attorney général du cabinet libéral du Premier ministre William Lyon Mackenzie King. Lors d'une élection partielle de 1942, Saint-Laurent fut élu à la Chambre des communes comme représentant de Québec-Est. Il conserva son siège après l'élection générale de 1945. La même année, il représenta le Canada à la conférence de San Francisco, où il joua un rôle important dans la création de l'Organisation des Nations unies (ONU) et en 1946, il conduisit la délégation canadienne à la première session de l'assemblée générale. En septembre 1946, il fut nommé secrétaire d'État chargé des affaires étrangères. Saint-Laurent prit la tête du parti libéral et devint Premier ministre en 1948 lorsque King partit en retraite. Il démissionna en 1957 à cause de la défaite du parti libéral aux élections générales.
En matière de politique étrangère, le gouvernement de Saint-Laurent associa les intérêts du Canada à ceux des États-Unis en soutenant la formation de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord fondée en 1949), l'action de l'ONU pendant la guerre de Corée (1950-1953) et en désapprouvant l'intervention israélo-anglo-française en Égypte suite à la nationalisation du canal de Suez (1956). Il fit beaucoup pour accroître le rôle du Canada sur la scène internationale. Sur le plan de l'intérieur, son administration favorisa l'expansion économique en encourageant une nouvelle vague d'immigration européenne et d'investissements américains ainsi qu'en donnant l'impulsion à des projets de construction du type de la voie maritime du Saint-Laurent (1954-1959) et de l'oléoduc transcanadien. Des changements constitutionnels importants furent aussi adoptés ; ainsi le mot « Dominion » ne qualifiait plus le Canada, et Terre-Neuve devenait la dixième province du pays en 1949 (puis Terre-Neuve-et-Labrador en décembre 2001).

     
 
1957 - 1963
 
     

Le très honorable John George Diefenbaker

Né dans le comté de Grey (Ontario) le 18 septembre 1895, il fut diplômé de l'université de la province de Saskatchewan. Brillant avocat, il fut élu au Parlement fédéral comme conservateur en 1940. Réputé non-conformiste au sein de son propre parti, le Parti progressiste conservateur, il en prit finalement la direction en 1956. Aux élections générales de 1957, il battit le Parti libéral, qui avait été au pouvoir pendant vingt-deux ans et devint Premier ministre d'un gouvernement minoritaire. En 1958, de nouvelles élections donnèrent à son parti une écrasante majorité parlementaire.
Diefenbaker eut la malchance de gouverner le Canada pendant une période de forte récession économique et de chômage élevé. Malgré une politique agricole efficace et l'introduction de mesures importantes en matière de réformes sociales, il dut procéder à la dévaluation du dollar canadien. De ce fait, son gouvernement perdit la majorité parlementaire en juin 1962. Il mena une politique d'indépendance vis-à-vis des États-Unis en développant les échanges avec le Royaume-Uni. Il perdit les élections générales de 1963 alors qu'il engageait une controverse avec les États-Unis à propos des têtes nucléaires qui armaient les missiles livrés au Canada. Il resta à la tête de son parti jusqu'en 1967 et occupa son siège au Parlement jusqu'à sa mort.

     
 
1963 - 1968
 
     

Le très honorable Lester Bowles Pearson

Homme politique canadien, et prix Nobel de la paix (1957). Né le 23 avril 1897 à Newtonbrook (aujourd'hui partie de Toronto) dans l'Ontario, il fit ses études à l'université de Toronto et à l'université d'Oxford. En 1928, il rejoignit le département canadien des Affaires étrangères comme premier secrétaire. Ses missions à l'étranger l'amenèrent à Londres (Grande-Bretagne) et à Washington (États-Unis) où il fut ambassadeur de 1945 à 1946. Il rentra au Canada en 1946 et devint sous-secrétaire d'État chargé des Affaires étrangères ; puis en 1948, il fut nommé secrétaire d'État chargé des Affaires étrangères. Très rapidement, il formula des propositions en faveur d'une alliance occidentale qui trouva son apogée dans la formation de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Membre de la délégation canadienne aux Nations unies (ONU) de 1948 à 1957, Pearson fut président de la septième Assemblée générale de l'ONU (1952-1953).
Pearson reçut le prix Nobel de la paix en 1957 pour ses vues sur la politique internationale dans la période suivant la Seconde Guerre mondiale, et surtout pour son plan qui aboutit à la mise en place d'une force d'urgence de l'ONU pendant la crise du canal de Suez en 1956. En 1958, il fut choisi pour assurer la direction du Parti libéral du Canada. Lors des élections de 1963, le Parti libéral remporta la majorité et Pearson devint Premier ministre. Pendant son administration, il y eut la mise en place d'un programme de soins médicaux et l'adoption du nouveau drapeau canadien à la feuille d'érable rouge. Cette période fut néanmoins troublée par les aspirations séparatistes francophones du Québec et par la guerre du Viêt Nam engagée par les États-Unis. Pearson se retira du pouvoir en avril 1968 et fut remplacé par Pierre Elliot Trudeau. Plus tard en 1968, Pearson fut nommé à la tête d'une commission parrainée par la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement pour étudier et planifier l'avenir de l'aide économique aux pays en voie de développement. Parmi ses œuvres, on peut citer Paix dans la famille de l'homme (1969), une série de conférences sur les relations internationales. Il est mort à Ottawa (Ontario) le 27 décembre 1972.

     
 
1968 - 1979
 
     

Le très honorable Pierre Elliott Trudeau

Né à Montréal (province de Québec), Pierre Elliott Trudeau fait ses études dans des institutions privées, puis obtient sa licence de droit à l’université de Montréal en 1943. Il s’inscrit par la suite à l’université Harvard où il obtient une maîtrise, et poursuit ses études en Europe à l'École des sciences politiques de Paris et à la London School of Economics. Une fois ses études achevées, il parcourt l’Europe et l’Asie. Dès son retour au Canada en 1949, il marque un intérêt particulier pour les réformes gouvernementales du Québec. En 1950, il collabore à la création d’un périodique de centre gauche intitulé Cité libre. À partir de 1961, Trudeau enseigne le droit à l’université de Montréal en tant que maître de conférences. Quatre ans plus tard, il remporte un siège à la Chambre des communes canadienne comme membre du Parti libéral. En 1966-1967, il occupe le poste de secrétaire parlementaire auprès du Premier ministre Lester Bowles Pearson et, en 1967, il est nommé ministre de la Justice et attorney général du Canada.
Lorsque Pearson annonce son retrait de la vie politique en 1968, Trudeau prend officiellement ses fonctions de Premier ministre et, trois jours plus tard, demande au gouverneur général la dissolution du Parlement. Conforté dans ses choix par les électeurs lors des élections générales de juin, il répond aux attentes des francophones en légiférant, dans les régions où le nombre de francophones dépasse le seuil de 10 p. 100 de la population, sur tout un train de mesures en faveur du bilinguisme, tant dans l’enseignement et l’administration que dans la justice. En revanche, défenseur intrépide du fédéralisme, il s’oppose au séparatisme québécois tout en conduisant une politique d’indépendance vis-à-vis de son puissant voisin, les États-Unis, et en militant pour que le Canada assure lui-même le contrôle plein et entier de sa propre économie. Bien que les libéraux perdent la majorité parlementaire aux élections de 1972, Trudeau conserve son poste de Premier ministre à la tête d’une coalition instable, mais il renforce très vite sa position en menant son parti à une victoire décisive aux élections de 1974.
Lorsque le Parti québécois indépendantiste arrive au pouvoir en 1976, Trudeau propose des changements constitutionnels afin de préserver l’unité du Québec. Mais, comme lors d’autres tentatives similaires, ses efforts se heurtent à l’opposition des provinces. Ayant perdu les élections en 1979, il annonce sa démission de la tête du parti mais accepte tout de même de rester en place lorsque le gouvernement conservateur est renversé un peu plus tard dans l’année, après six mois d’exercice. En 1980, Trudeau mène une nouvelle fois les libéraux à la victoire et retrouve alors son poste de Premier ministre.
Les efforts de Trudeau pour le « rapatriement » de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, qui a servi de base à la Constitution canadienne, et pour l’ajout à celui-ci d’une Déclaration des droits et des libertés, portent leurs fruits en avril 1982 quand la reine Élisabeth II signe l’Acte constitutionnel de 1982, qui entérine l’indépendance complète du Canada par rapport au Parlement britannique. Reste toutefois à rallier le Québec, ce qui se fait en deux temps : d’abord par l’accord du lac Meech (1987), puis par celui de Charlottetown (1992). En février 1984, Trudeau annonce sa démission prochaine et demande au Parti libéral de lui choisir un successeur. Réunis en convention, les libéraux élisent John Napier Turner le 16 juin : Trudeau lui cède officiellement le pouvoir le 30 juin.

     
 
1979 - 1980
 
     

Le très hononorable Charles Joseph (Joe) Clark

Né à High River (Alberta), il fit ses études à l'université d'Alberta où il enseigna, par la suite, les sciences politiques. Il s'engagea très tôt dans la politique locale et fut élu au Parlement canadien en 1972. En 1976, il devint leader national du Parti progressiste conservateur. Lorsque son parti remporta l'élection générale de 1979, Clark devint le plus jeune Premier ministre de l'histoire canadienne. Cependant, les critiques suscitées par l'austérité de sa politique économique aboutirent au rejet de son budget en décembre 1979 et il fut contraint de démissionner. Lorsque les conservateurs perdirent les élections au profit des libéraux en février 1980, sa position de chef de parti s'effrita. Lors d'une convention du parti tenue en juin 1983, il laissa son poste à Brian Mulroney.

     
 
1980 - 1984
 
     

Le très honorable Pierre Elliott Trudeau

     
 
1984
 
     

Le très honorable John Napier Turner

Né en Grande-Bretagne, il vint au Canada avec sa mère en 1931. Il fit ses études à l'université de Colombie-Britannique, à l'université d'Oxford et à Paris.
É lu député libéral en 1962, Turner occupa dans le cabinet de Pierre Elliott Trudeau les fonctions de ministre de la Justice (1968-1972) puis de ministre des Finances (1972-1975) ; il se retira à la suite d'un désaccord sur la politique économique et reprit alors la profession d'avocat d'affaires. Après la démission de Trudeau, en février 1984, il lui succéda à la tête du Parti libéral et devint Premier ministre de juin à septembre. Il abandonna la direction du Parti libéral en 1989.

     
 
1984 - 1993
 
     

Le très honorable Martin Brian Mulroney

Né à Baie-Comeau (Québec), Mulroney s’intéresse à la politique et milite pour le Parti progressiste conservateur (PPC) lorsqu’il est étudiant à l’université Saint-François-Xavier d’Antigonish (Nouvelle-Écosse). Après avoir obtenu son diplôme de droit à l’université Laval, il devient avocat, spécialiste en droit du travail. Il arrive pour la première fois sur le devant de la scène vers 1975 lors de l’enquête qu’il mène au sein d’une commission (Cliche) sur la corruption dans l’industrie du bâtiment au Québec. En 1976, face à Joseph Clark, il ne parvient pas à prendre la direction de son parti et retourne dans les affaires, à la tête de l’Iron Ore Company du Canada (1977-1983).
En juin 1983, il devient enfin chef du Parti conservateur. Au mois d’août suivant, Mulroney obtient un siège au Parlement lors d’une élection partielle et mène les conservateurs à une victoire écrasante aux élections générales de septembre 1984. Dix-huitième Premier ministre du Canada, il signe un accord de libre-échange avec les États-Unis en janvier 1988 et remporte de nouveau les élections au mois de novembre suivant. Il passe un autre accord de libre-échange, Accord de libre-échange nord-américain (Alena), qu’il signe en décembre 1992, avec les États-Unis et le Mexique. Il déploie aussi beaucoup d’énergie en faveur de son projet de réforme de la Constitution visant à accroître les pouvoirs des provinces, à redéfinir les rapports entre Ottawa et les provinces, à octroyer des terres aux Amérindiens et aux Inuits, et surtout à favoriser la réintégration politique du Québec, définie comme « société distincte » lors de l’accord du lac Meech en 1987. Destiné à rallier le Québec à l’entente constitutionnelle de 1982, cet accord n’est pas ratifié par les divers parlements canadiens lors de l’échéance de 1990. Un nouveau projet d’accord, préparé à Charlottetown et soumis à la population canadienne, est rejeté lors d’un référendum tenu le 26 octobre 1992. Mulroney ne peut d’autre part juguler la crise économique qui frappe le pays. En 1993, il annonce son retrait de la vie politique. Kim Campbell lui succède au poste de Premier ministre ainsi qu’à la tête du Parti conservateur le 25 juin 1993.

     
 
1993 -
 
     

La très honorable A. Kim Campbell

19e Premier ministre du Canada (1993) et première femme à occuper ce poste. Née à Porth Alberni (Colombie-Britannique), April Phaedra, dite Kim, Campbell obtint son diplôme de sciences politiques à l'université de Colombie-Britannique, puis elle poursuivit ses études à la London School of Economics (LSE) en Angleterre. Kim Campbell enseigna pendant six ans avant de revenir à l'université de Colombie-Britannique pour y préparer une licence de droit, qu'elle obtint en 1983. Elle remporta un siège à la Chambre des communes canadienne comme membre du Parti progressiste conservateur en 1988. Le Premier ministre Brian Mulroney la choisit comme ministre d'État chargé des affaires indiennes et du Nord-Canada (1989), ministre de la Justice (1989-1992) et ministre de la Défense (1992-1993). À la suite de la démission de Mulroney en juin 1993, Kim Campbell battit Jean Charest, ministre de l'Environnement, pour devenir chef du Parti progressiste conservateur et nouveau Premier ministre. Après 134 jours de pouvoir, le gouvernement Campbell tomba à la suite de la victoire du Parti libéral aux élections générales d'octobre 1993. Quelques mois plus tard, elle démissionna de la tête du Parti progressiste conservateur.

     
 
1993 - 2003
 
     

Le très honorable Jean Joseph Jacques Chrétien

Né à Shawinigan (province de Québec) dans une famille de dix-neuf enfants, Jean Chrétien obtient son diplôme de droit à l'université Laval à Québec, puis s'engage dans une carrière politique. Il est élu député libéral au Parlement canadien en 1963, et conserve son siège lors des neuf élections suivantes. Il est ministre dans le cabinet de Lester Pearson en 1967, puis dans tous les cabinets de Pierre Elliott Trudeau. En 1984, il ne réussit pas à prendre la tête du Parti libéral qu'il laisse à un ancien collègue de cabinet, John Turner.
En 1986, Jean Chrétien démissionne de son siège et quitte le devant de la scène politique pour exercer le droit. Après la démission de John Turner en 1990, il est élu pour lui succéder à la tête du Parti libéral. Entre 1990 et 1993, il concentre toute son énergie à la reconstruction du parti, qui n'a pas été au pouvoir depuis 1984. Lors de l'élection générale du 25 octobre 1993, les libéraux battent le Parti progressiste conservateur au pouvoir par une écrasante majorité. Ils remportent, en effet, 177 des 294 sièges de la Chambre des communes.
Après sa nomination au poste de Premier ministre (5 novembre 1993), Jean Chrétien cherche à développer la politique étrangère de son pays afin que le Canada puisse remplir un rôle à sa mesure sur la scène internationale et contrebalancer le poids des États-Unis et de l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena), vis-à-vis duquel le Parti libéral a manifesté quelque réticence. Sur le plan intérieur, sa politique se consacre à la réduction du déficit annuel du gouvernement fédéral. Adversaire du mouvement séparatiste du Québec car partisan d'une fédération canadienne unie et forte, Jean Chrétien doit également faire face au défi que représente la montée des aspirations indépendantistes dans sa province natale, montée cristallisée par les succès électoraux du Bloc québécois.
En 1997, Jean Chrétien provoque des élections législatives anticipées, espérant ainsi tirer parti de la forte popularité dont il bénéficie dans les sondages. Il sort en fait affaibli du scrutin, remporté à une très faible majorité par le Parti libéral, après avoir été accusé par le Parti réformiste de vouloir accorder des privilèges exorbitants aux francophones du Québec. Au lendemain des élections, il s’engage à gouverner « pour l'ensemble du pays, dans l'intérêt de tous les Canadiens ». Le 27 novembre 2000, son parti remporte une large majorité aux élections générales. Avec 41 p. 100 des voix, les libéraux gagnent 12 sièges supplémentaires, totalisant désormais 173 des 301 sièges de la Chambre des communes. Jean Chrétien est reconduit majoritairement pour une troisième fois consécutive, à l’issue d’élections anticipées qu’il a de nouveau lui-même provoquées.
Affaibli par une série de remaniements ministériels liés notamment à des scandales financiers, le Premier ministre canadien doit faire face au cours de son troisième mandat au mécontentement grandissant des gouvernements provinciaux : tandis que le gouvernement fédéral est parvenu à réaliser des excédents financiers importants, les provinces se disent victimes d’un déséquilibre fiscal et réclament plus de moyens alors que leurs besoins augmentent (en matière de santé et d’éducation notamment).
Ce mandat est également marqué par les tensions qui opposent Jean Chrétien et Paul Martin, son rival au sein du Parti libéral. Elles culminent en juin 2002 avec le limogeage de Paul Martin de son poste de ministre des Finances. Cette manœuvre ne permet cependant pas à Jean Chrétien de sauvegarder son leadership. Il annonce de manière anticipée son retrait de la vie politique en août 2002.
Sur le plan international, la dernière année au pouvoir de Jean Chrétien est marquée par la volonté de se dissocier des positions américaines. Cette détermination se manifeste notamment en matière d’environnement lorsque le Premier ministre canadien s’engage à ratifier le protocole de Kyoto sur les changements climatiques. Après les attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis et le soutien apporté par le Canada dans la lutte contre le terrorisme (notamment l’envoi de troupes en Afghanistan), le gouvernement canadien se démarque de la politique américaine en refusant de participer en 2003 à une guerre en Irak sans l’aval de l’ONU. Cette décision vaut à Jean Chrétien un regain d’estime auprès de la population canadienne, majoritairement opposée à ce conflit (à l’exception du Canada anglais).
Jean Chrétien quitte le pouvoir en décembre 2003. Paul Martin, élu à la tête du Parti libéral avec 96 p. 100 des suffrages, lui succède au poste de Premier ministre. Reconnu pour ses capacités de gestionnaire, Jean Chrétien laisse un pays aux finances assainies et à l’économie remarquablement performante.

     
 
2003
 
     

Le très honorable Paul Edgar Philippe Martin

Né le 28 août 1938 à Windsor, Ontario, Canada

Avocat et homme d'affaire

1993 - 2002 : Ministre des Finances
1993 - 1996 : Ministre chargé du Bureau fédéral du développement régional (Québec)

     

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