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La République tchèque regroupe les régions historiques de Bohême et de Moravie qui ont été sous la domination des Habsbourg entre 1526 et 1918. Avec la Slovaquie, ces régions constituaient la Tchécoslovaquie, issue du démantèlement de l’Empire austro-hongrois, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Le statut fédéral adopté en 1969 avait doté la République tchèque et la Slovaquie, ses deux composantes, d’institutions propres, sur la base desquelles s’est faite la partition en 1992. Les lendemains de la chute du communisme Sorti du bloc communiste en 1990, à l’issue de la Révolution de Velours, le pays porte Václav Havel à la tête de l’État, et Marian Calfa, un Slovaque, au poste de Premier ministre. En avril 1990, l’Assemblée fédérale accepte de changer le nom du pays en République fédérale tchèque et slovaque, afin de satisfaire les Slovaques qui souhaitent que l’égalité entre les Républiques fédérées se reflète dans leur appellation officielle. Les réformes libérales introduites au cours des deux années qui suivent ont tendance à favoriser la République tchèque au détriment de la Slovaquie, plus rurale et désireuse d’avancer prudemment sur la voie du libéralisme. Ajoutée au désir des Slovaques d’acquérir une plus grande autonomie, cette divergence provoque de sérieuses tensions au sein du gouvernement fédéral. L’équilibre entre les pouvoirs du gouvernement fédéral et ceux des Républiques devient une question brûlante. Les tentatives de l’Assemblée fédérale pour trouver un compromis échouent, et les résultats des élections législatives de juin 1992 révèlent la fracture qui se creuse entre les deux territoires. Le Parti civique démocratique (ODS) de Václav Klaus et le Mouvement pour une Slovaquie démocratique de Vladimir Meciar constituent les deux principaux blocs au sein de l’Assemblée, et chaque dirigeant est nommé Premier ministre dans sa République, ce qui les place au centre de la controverse sur le rôle du nouveau gouvernement fédéral. La marche vers la partition Le 1er janvier 1993, la République tchèque et la Slovaquie deviennent deux États indépendants. En juillet 1992, toujours opposés à des réformes économiques et sociales trop brutales, les députés slovaques votent, au sein de leur Parlement, en faveur de la souveraineté de leur République par 113 voix contre 24. Il devient évident qu’aucun type de gouvernement fédéral ne peut satisfaire les deux parties. Tout au long de l’automne, les Tchèques et les Slovaques discutent des modalités de leur séparation. En novembre 1992, le Parlement fédéral vote la dissolution de la République fédérale à compter du 31 décembre 1992, malgré l’opposition d’une partie de l’opinion publique. Le 1er janvier 1993, la République tchèque et la Slovaquie deviennent deux États indépendants. La République tchèque indépendante
La République tchèque garde des relations privilégiées avec la Slovaquie, entre autres sur le plan économique. Malgré les tensions qui persistent au sujet de la région des Sudètes, les relations germano-tchèques s’améliorent lorsque, en janvier 1997, les deux gouvernements se présentent des excuses concernant les exactions commises par leurs deux pays au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le pays est membre de nombreuses organisations internationales, dont les Organisation des Nations unies (ONU), l’Unesco et le Conseil de l’Europe, ainsi que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Membre associé de l’Union européenne (UE), la République tchèque participe au groupe de Visegrad et à l’Initiative centrale européenne. Le 10 février 1994, les dirigeants tchèques signent le Partenariat pour la paix et émettent le souhait d’adhérer à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) dès que possible. Cette volonté de s’intégrer à l’Europe occidentale est couronnée de succès en 1997. La République tchèque fait, en effet, partie de la première vague d’élargissement de l’OTAN, effective en mars 1999, ainsi que de celle prévue pour l’Union européenne (UE) à l’échéance 2004.
En janvier 1993, Václav Havel, ancien président de la Fédération tchécoslovaque, est élu président de la République tchèque. Václav Klaus (Parti civique démocratique, ODS) occupe le poste de Premier ministre. Son parti remporte, en juin 1996, les premières élections législatives organisées en République tchèque, grâce à la constitution d’une coalition avec les chrétiens-démocrates et l’Alliance des droits civiques, totalisant 44 p. 100 des voix, mais il perd la majorité à la Chambre des députés. En novembre 1996, l’ODS remporte les élections sénatoriales, mais les partis d’opposition, notamment les sociaux-démocrates et les chrétiens-démocrates, se renforcent. Les réussites sur le plan des relations extérieures sont contrebalancées par plusieurs déconvenues à l’intérieur. L’économie tchèque enregistre ainsi un sérieux ralentissement, qui conduit, selon un sondage réalisé en février 1998, 28,7 p. 100 de la population à regretter le régime communiste, tandis qu’une crise politique agite le pays depuis novembre 1997. Personnalité charismatique et autoritaire, Václav Klaus, qui domine la scène politique depuis l’indépendance, est contraint de démissionner à la suite du scandale sur le financement frauduleux de son parti, l’ODS. Sa démission entraîne une scission au sein du parti, et Klaus doit faire face au départ de nombreux membres de l’ODS qui se regroupent au sein de l’Union de la liberté (US). Un nouveau gouvernement est formé en décembre 1997, dirigé par l’ex-gouverneur de la Banque centrale, Josef Tosovsky. Il est chargé par Václav Havel, réélu président le 20 janvier 1998, de mettre en place un programme de stabilisation de l’économie, et surtout d’organiser des élections anticipées prévues pour juin 1998. Fin janvier 1998, Josef Tosovsky est approuvé par le Parlement après de nombreux débats. Aux élections législatives de juin, le Parti social-démocrate arrive en tête avec 32,3 p. 100 des voix, mais la droite reste majoritaire au Parlement. Václav Havel charge Miloš Zeman, chef du Parti social-démocrate, de former le nouveau gouvernement mais la tâche se révèle difficile. Les élections sénatoriales de novembre 1998 ne confirment pas cette évolution : le Parti social-démocrate tchèque (CSSD) au pouvoir depuis 5 mois n’obtient que 3 des 27 sièges du Sénat, le Parti démocratique civique (ODS, droite) de l'ancien Premier ministre Václav Klaus perd 3 des 12 sièges qu'il détenait alors que l’Union, coalition de quatre partis de centre-droit, remporte 13 sièges, devenant la principale formation. Minoritaire, le gouvernement de Zeman ne peut se maintenir au pouvoir qu’avec l’appui de l’ODS de Klaus, avec lequel il signe un accord. Cette situation paradoxale provoque d’importantes manifestations à partir de novembre 1999, lors de la commémoration du dixième anniversaire de la « Révolution de velours », qui regroupe intellectuels, étudiants et ouvriers. Cette contestation de la classe politique s’accompagne d’un rejet du « nouveau capitalisme » qui domine l’économie tchèque. De fait, le pays est en proie à une récession, marquée par une hausse du chômage tandis que plusieurs affaires de corruption secouent les milieux financiers et politiques. Cette situation profite également aux communistes qui voient leur popularité grimper dans les sondages. Sur le plan extérieur, les négociations pour l’entrée dans l’Union européenne s’avèrent plus difficiles que prévu. En effet, Bruxelles souhaite que la réforme de l'administration et de la justice, la lutte contre la corruption et les déficits budgétaires publics soient accélérés. Prague, de son côté, entend pouvoir interdire pendant dix ans aux citoyens européens l'achat de biens immobiliers dans le pays, les Tchèques craignant un retour des Allemands dans les Sudètes. Les années 2000 et 2001 connaissent en fait un « ouragan législatif », selon les termes du vice-Premier ministre, afin de mettre en conformité la législation tchèque avec la législation européenne et la République tchèque arrive rapidement dans le peloton de tête des pays candidats. Les élections législatives de juin 2002 sont remportées par le Parti social-démocrate tchèque (CSSD), dirigé par Vladimir Spidla, qui remporte 30,2 p. 100 des voix (70 sièges) devant l’ODS (24,5 p. 100 des voix et 58 sièges) et les communistes (18,5 p. 100 et 41 sièges) — qui réalisent leur meilleur score depuis 1989. Après avoir gouverné en étant minoritaire, avec le soutien de l’ODS, le CSSD peut former un gouvernement majoritaire, dirigé par Vladimir Spidla, avec la coalition de l’Union démocrate-chrétienne (KDU) et l’Union de la liberté (US), qui a obtenu 14,3 p. 100 des voix et 31 députés.
Le
nouveau gouvernement, qui doit faire face aux inondations qui affectent
Prague en août 2002, a pour principale tâche
de mener la République tchèque à l’adhésion à l’Union
européenne (UE). Alors que le mandat présidentiel
de Václav Havel se termine le 2 février 2003, trois élections à trois
tours de scrutin sont nécessaires pour que le Parlement
parvienne à élire le nouveau président de
la République. C’est finalement Václav Klaus qui
est élu à ces fonctions le 28 février 2003,
grâce à un accord avec les parlementaires communistes. |
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République tchèque (en tchèque, Ceská Republika), pays d’Europe centrale bordé au nord et à l’est par la Pologne, au sud-est par la Slovaquie, au sud et à l’ouest par l’Autriche et à l’ouest par l’Allemagne. Sa superficie est de 78 864 km². Sa capitale, et principale ville, est Prague. La République tchèque est l’un des deux États indépendants issus de la partition de la Tchécoslovaquie, le 1er janvier 1993. La République tchèque offre un relief relativement accidenté et élevé : l’essentiel du territoire, qui culmine à 1 490 m au Praded dans les Sudètes au nord-est, a une altitude supérieure à 500 m et le pays est véritablement ceint par un ensemble de montagnes d’origine hercynienne. Au nord-ouest s’étendent les piémonts et versants méridionaux des monts Métallifères (en allemand, Erzgebirge, en tchèque, Kruné Hory), prolongés par les monts Elbsandst, et marquant la frontière avec l’Allemagne. Ces massifs, qui culminent au mont Keilberg, sont entrecoupés de cuvettes et de plateaux, tel celui du Dupov. Au sud-ouest, cette frontière passe par les hautes terres de la Forêt de Bohême, sur le massif de la Sumava. Dans le nord du pays, les monts des Géants, appartenant aux Sudètes, forment une partie de la frontière avec la Pologne. L’extrémité orientale des Sudètes domine la partie tchèque de la Silésie, fermée par la porte de Moravie, où coule l’Oder en direction du territoire polonais. Au sud-est du pays, la récente frontière avec la Slovaquie suit l’axe des Carpates blanches, formant elles-mêmes avec les Petites Carpates l’extrémité occidentale du vaste arc de cercle dessiné par la chaîne des Carpates d’Europe centrale et orientale. Entourés par ces différents massifs, le bassin de Bohême
et les hautes terres de Bohême-Moravie composent la partie centrale
du pays. La Bohême est drainée par l’Elbe (appelée
Labe en tchèque) et ses affluents, la Vltava et l’Ohre. Les basses
terres de Moravie, où coule la Morava, se situent à l’est.
L’Elbe et l’Oder permettent une liaison avec la mer du Nord et la mer Baltique.
Le pays compte d’autres cours d’eau parmi lesquels l’Orava, la Luznice,
la Jihlava, la Sázava et la Svratka. |
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