Situé à l'extrême sud-ouest de l'Europe, le Portugal occupe environ un sixième de la péninsule ibérique, avec une population dépassant les 10 millions d'habitans.

Au nord et à l'est, 1 300 km de frontières séparent le Portugal de l'Espagne.

Au sud et à l'ouest, 830 km de littoral sont baignés par l'océan Atlantique.

Les archipels de Madère et des Açores, éparpillés dans l'Atlantique, font partue du territoire portugais.

 
 
 

Quoique rien ne prédestinât, géographiquement, le Portugal à devenir un État-nation, ce pays installé à l'ouest de la péninsule Ibérique a vu ses frontières quasiment inchangées au cours des huit derniers siècles. Les dix millions de Portugais s'enorgueillissent d'une histoire qui a marqué le monde depuis les Grandes Découvertes.

Les régions de ce petit pays sont d'une incroyable diversité. Le Minho et le Tras-Os-Montes, au nord, sont les plus rurales et traditionnelles. C'est d'ici d'ailleurs que sont partis quantité de Portugais, contraints d'émigrer, pour des raisons économiques, au cours des quarante dernières années. Le sud du pays, quant à lui, est très différent. Avec ses superbes plages de sable et son climat méditerranéen, agréable toute l'année, l'Algarve est une destination touristique européenne très prisée.

Deux grands fleuves baignent le pays. Le Tage et le Douro naissent en Espagne, puis se dirigent vers l'ouest, traversant le Portugal avant de se jeter dans l'Atlantique. La vallée du Douro est surtout connue par son fameux vin de Porto. Installés sur des terrasses escarpées, les vignobles sont blottis sur les flancs des montagnes. Par contraste, le Tage est un large fleuve paisible, dont les crues débordent régulièrement sur la plaine du Ribatejo, plane et fertile, où paissent de superbes chevaux et des taureaux de combat.

Les deux principales villes du Portugal, Lisbonne et Porto, .sont établi, respectivement à l'embouchure du Tage et du Douro. La capitale, Lisbonne, est une métropole cosmopolite aux nombreux musées, très riche au plan culturel. Porto lui fait une concurrence sérieuse, surtout au plan commercial et industriel.

Villages de pêcheurs de l'Atlantique, petites cités médiévales des plaines caniculaires de l'Alentejo ou régions montagneuses des Beiras, les autres Zones de peuplement du pays sont nettement moins importantes que Porto et Lisbonne.

Loin dans l'Atlantique s'étendent deux archipels, qui sont devenus des régions autonomes. Madère, chaud et luxuriant, s'étend au large des côtes du Maroc, tandis que les Açores comptent neuf îles volcaniques et verdoyantes, à peu près au tiers du trajet de Lisbonne à New York.

 
 
 
LISBONNE
 
Installée sur la rive droite de ['estuaire du Tage, à 17 km de l'Atlantique, la capitale du Portugal compte environ 700 000 habitants. L'agglomération, le" Grande Lisboa ", accueille plus d'un million de personnes Entièrement ravagé par le séisme de 1755 CD 62-63), le centre-ville, où s'étendent les rues élégantes de la Baixa date en grande partie du XVIIème siècle. Les ruelles étroites des quartiers de l'Alfama et du Bairro Alto, établis sur les collines encadrant le centre, en font une ville agréable, à dimension humaine. Depuis ses années de gloire à l'âge des Découvertes, où elle était la capitale du commerce mondial, Lisbonne est restée un port important. Les docks sont aujourd'hui installés ailleurs, mais les monuments de Belém constituent un témoignage de son passé maritime.
 
 
ALFAMA
 
On a du mal à croire aujourd'hui que ce quartier modeste ait été autrefois la partie la plus prisée de la ville, À l'époque maure, la ville se limitait aux ruelles autour du château fortifié. Le déclin commença au Moyen Âge, lorsque les résidents fortunés, redoutant les séismes, partirent plus à l'ouest, abandonnant le quartier aux pêcheurs et aux indigents. Les bâtiments ont survécu au tremblement de terre de 1755 et bien qu'il ne reste plus d'édifices maures, le quartier a conservé sa disposition rappelant une casbah. Des maisons compactes bordent les rues et les escaliers escarpés, et du linge sèche aux fenêtres Des travaux de restauration ont enfin été entamés dans certaines zones. L'Alfama est dominée par l'imposant Castelo de Sâo ]orge, qui couronne la colline orientale de Lisbonne. Bastion défensif et palais royal jusqu'au XVIème siècle, le château est aujourd'hui un lieu de promenade très apprécié, offrant de belles vues depuis les remparts superbement restaurés. À l'ouest de l'Alfama se dressent le fièrement les deux tours jumelles de la Sé. Au nord-est, le dôme de l'église Santa Engrâcia et la façade blanche de Sâo Vicente de Fora se détachent.
 
Castelo de Sâo ]orge
 
Après la prise de Lisbonne aux Maures en 1147, le roi Dom Afonso Henriques installa la résidence des rois du Portugal dans cette citadelle. En 1511 Manuel Ier construisit un palais plus luxueux sur l'actuel praça do Comércio. Le château servit alors successivement de théâtre, de prison et d'arsenal. Après le séisme de 1755, les remparts restèrent en ruine jusqu'en 1938, où Salazar entama une rénovation complète, reconstruisant les murs " médiévaux " et ajoutant des jardins. Le château n'est peut-être pas authentique, mais les jardins et les ruel1es de Santa Cruz entre les murs invitent à la promenade
 
BAIXA
 
Après le séisme de 1755 le marquês de Pomhal fit entièrement reconstruire le centre de Lisbonne. Utilisant un plan de rues disposées en grille, il relia l'imposante praça do Comércio ornée d'arcades, près du Tage, à la place centrale du Rossio, très animée, Les rues furent bordées d'édifices néo-classiques semblables et baptisées d'après les activités des commerçants et des artisans.

La ville basse est restée le quartier commerçant de la ville. Au centre, le Rossio est un endroit de rencontre très apprécié, où l'on trouve cafés, théâtres et restaurants. L'aménagement géométrique du quartier a été conservé, mais la plupart des bâtiments construits depuis le milieu du XVIIIème siècle n'affichent plus le formalisme pombalin.

 
BARRO ALTO et ESTRELA
 
Perché sur une colline, le Bairro Alto, qui fut aménagé selon un plan en grille à la fin du XVIème siècle, est un quartier très pittoresque. Initialement habité par de riches citoyens qui avaient quitté l'Alfama, devenu mali 5, famé, il se dégrada petit à petit pour devenir au XIXème siècle un quartier de prostitution.
Aujourd'hui, petits ateliers et tascas (restaurants familiaux bon marché) s'y côtoient. Le Chiado, un élégant quartier commerçant où les Lisboètes vont faire leur shopping, est très différent du centre du Bairro. Au nord-est, le quartier de l'Estrela s'étend autour de jardins agréables et de la basilique couronnée d'un dôme. Au sud-ouest, le quartier de Lapa regroupe des ambassades et de belles demeures élégantes.
 
Museu Nacional de Arte Antiga
 
Le musée national d'Art ancien est installé dans un palais du XVIIème siècle, construit par les comtes d'Alvor. En 1770, le marquês de Pombal fit l'acquisition du bâtiment, qui resta la propriété de sa famille durant plus d'un siècle. Inauguré en 1884, le musée est aussi familièrement appelé par les Lisboètes Casa das Janelas Verdes, en raison des fenêtres vertes du palais En 1940, une annexe moderne a été ajoutée Le bâtiment a été construit sur le site du monastère carmélite Saint-Albert, détruit lors du séisme de 1755. Le seul élément ayant survécu est la chapelle qui a été intégrée au musée.
 
BELEM
 
Installé à l'embouchure du Tage, là où les caravelles partaient pour les découvertes, Belém est inextricablement lié à l'âge d'or du Portugal. Lorsque Manuel Ier arriva au pouvoir, en 1495, il récolta les fruits de l'incroyable ère d'expansion, bâtissant des monuments et des églises grandioses qui reflétaient l'état d'esprit prévalant alors deux des plus beaux exemples d'architecture manuéline, exubérante et exotique sont le Mosteiro de Jerónimos et la Torre de Belém.
Belém est un faubourg spacieux et assez vert, avec une multitude de musées, de parcs et de jardins, et aussi un rivage agréable, avec des cafés et une promenade, où il règne, par temps ensoleillé, une atmosphère de bord de mer Avant que les eaux du Tage ne baissent, le monastère des Jerónimos donnait sur le fleuve. Aujourd'hui, la bruyante avenida da Îndia sépare le centre de Belém des rives pittoresques du Tage, et wagons jaunes et argent passent régulièrement.
 
Mosteiro dos Jerónimos
 
Monument glorifiant la richesse d. l'âge des Découvertes, le monastère est le fleuron de l'architecture manuéline. Commandé par Manuel Ier' en 1501, peu de temps après le retour de Vasco da Gama de son voyage historique, il fut largement financé par " l'argent du poivre ", les bénéfices du commerce des épices. Parmi les grands bâtisseurs de l'édifice, le plus célèbre est sans doute Diogo Boytac, remplacé en 1516 par Joào de Castilho. Le monastère fut confié à l'ordre de Saint-Jérôme (Hiéronymites) jusqu'à l'interdiction de tous les ordres religieux en 1834.
 
Torre de Belém
 
Manuel Ier fit bâtir cette forteresse au milieu du Tage entre 1515 et 1521. Ce joyau de l'architecture manuéline était le point de départ des navigateurs, et il devint le symbole de l'ère d'expansion du Portugal. Sa véritable beauté réside dans ses décorations extérieures. Ornée de cordages en pierre sculptée, la tour présente des balcons à claire-voie, des échauguettes de style mauresque et des créneaux originaux en forme d'écussons. L'intérieur gothique, sous la terrasse, est très austère. Il servit d'arsenal et de prison En revanche, les quartiers privés de la tour méritent une visite. La loggia est superbe, et le panorama magnifique.
 
 
 
LE CENTRE
 
La région entre Lisbonne et Porto compte des chefs-d'œuvre architecturaux et des "sites historique", magnifiques, comme les palais de Sintra et de Queluz, et les sites religieux de l'Estremadura. Cette région et la Beira Litoral possèdent des stations balnéaires prisées, mais aussi des villages de pêcheurs pittoresques. L'intérieur des terres, sur les rives du Tage, est voué à l'élevage et à l'agriculture (vigne, fruits, riz). Plus au nord, les Beiras présentent des paysages variés. la ville de Coimbra, les vallées couvertes de vigne de la région de Dào, réputée pour son vin, ainsi que les montagnes désolées et les villes fortifiées de la Beira Alta et de la Beira Baixa. Cette région reculée est dominée par le massif de granit de la Serra da Estrela
 
 
LA COTE DE LISBONNE
 

A moins d'une heure de voiture de Lisbonne, au nord-ouest s'étendent les côtes rocheuses de l'Atlantique, les versants boisés de Sintra et des campagnes parsemées de villas et de palais royaux. Au sud, on trouve des plages et des villages de pêcheurs et les lagunes des estuaires du Tage et du Sado.

 

Des Phéniciens aux Espagnols, les marchands et les envahisseurs ont marqué la région. L'influence des Maures y est particulièrement visible : leurs forts et leurs châteaux, reconstruits à maintes reprises au cours des siècles, sont visibles sur toute la côte.
Lorsque Lisbonne devint la capitale, en 1256, les rois et les nobles portugais bâtirent des palais et des villas d'été à l'ouest de la ville, sur les hauteurs verdoyantes et fraîches de la Serra de Sintra.

Jusqu'à la construction du pont suspendu, en 1966, la rive sud, au-delà du Tage, n'était desservie que par ferry et donc peu fréquentée. Aujourd'hui, les longues plages de la Costa da Caparica, la côte de la région de Sesimbra et même la péninsule reculée de Trôia sont très prisées en l'été. Heureusement, de vastes réserves naturelles ont été aménagées sur la côte et dans les campagnes.

 

Malgré l'urbanisation rapide de la région, des petits villages de pêcheurs et d'agriculteurs ont été préservés. Des marchés animés proposent des poissons et des fruits de mer, et Colares et Palmela sont connus pour leurs vins. Dans la Serra da Arrâbida, l'élevage des moutons est toujours pratiqué, et le lait de brebis sert à la production d'un fromage, l'azeitào. La principale culture de l'estuaire du Sado est le riz. Les marais salants près d ' Alcochete et les carrières de marbre de Pero Pinheiro sont toujours exploités.

La mer est froide et souvent agitée, mais les plages sont très propres La région permet de pratiquer la planche à voile, la pêche et la plongée au tuba, mais aussi l'équitation et le golf. Il y a même un circuit de formule à Estoril. Les divertissements sont nombreux : festivals de musique et de cinéma, courses de taureaux et foires artisanales proposant poteries et vanneries.

 
Au nord du Tage, la ville de Sintra, parsemé, de palais anciens, est entourée de collines boisées qu'auréole parfois la brume venue de la mer. Sur la côte, la localité cosmopolite de Cascais le village de pêcheurs traditionnel d'Ericeira sont d'excellentes bases pour rayonner dans les environs. Au sud du Tage, la Serra da Arribida et la côte déchiquetée des environs du cabo Espichel peuvent le visiter depuis le petit port de Sesimbra. À l'intérieur des terres, les réserves naturelles des estuaires du Tage et du Sado sont des havres de paix.
 
Palácio Nacional de Sintra
 
Au cœur de la vieille ville de Sintra (Sintra Vila), deux étranges cheminées coniques dominent le palais royal. La partie principale du palais avec le bloc central à la sobre façade gothique et les grandes cuisines installées sous les cheminées, a été construite par Joào Ier à la fin du XIVème siècle, sur un site autrefois occupé par les Maures. Après aussi Paço Real, il fut la résidence d'été favori des rois du Portugal jusqu'en 1880 environ. Les ajouts effectués par le riche Manuel Ier, au début du VIème siècle, rappellent le style mauresque. La reconstruction progressive du palais a donné naissance à une mosaïque fascinante de différents styles.
 
Sintra : palácio de Pena
 
Sur l'un des plus hauts sommets de la Serra de Sintra se dresse l'étonnant palais de Pena, mélange hétéroclite de styles architecturaux. Il fut construit au XIXème siècle sur les ruines d'un monastère hiéronymite fondé au XVème siècle sur le site de la chapelle de Nossa Senhora da Pena Ferdinand de Saxe-Cobourg et Gotha, époux de la jeune reine Maria II, chargea un Arc de Triton architecte allemand, le baron Von Eschwege, de la construction de son palais d'été, rempli de curiosités de tous les pays et entouré d'un parc. À la proclamation de la République, en 1910, le palais fut transformé en musée et conservé en l'état.

 
Palácio de Queluz
 
En 1747, Dom Pedro, le plus jeune fils de Joào V, chargea Mateus Vicente de la transformation de son pavillon de chasse en palais d'été rococo. La partie centrale fut construite, avec sa salle de musique et sa chapelle, puis le palais fut de nouveau agrandi après le mariage de Pedro et de la future Maria Ier, en 1760. L'architecte Jean-Baptiste Robillon créa le pavillon portant son nom et le jardin, conçut la salle du trône et réaménagea la salle de musique. Sousle règne de Dona Maria, la famille royale faisait du bateau ,sur le canal bordé d'azulejos.
 
L'ESTREMADURA et RIBATEJO
 
Entre le Tage et la côte s'étend une région vallonnée, l'Estremadura, dont les collines se déroulent jusqu'à des plages de sable et des falaises. Par contraste, le Ribatejo, en bordure du Tage, est une te plaine alluviale. Les plus beaux monastères médiévaux du Portugal oignent du riche passé historique de ces régions.
 
Le nom d'Estremadura vient du latin Extrema Durii, " au-delà Douro " qui délimitait les royaumes chrétiens du Nord. À mesure que le Portugal s'étendit vers le Sud, au XIIème siècle, les terres reprises aux Maures furent ,distribuées aux ordres religieux. L'abbaye cistercienne d'Alcobaça commémore la prise de Santarém par Dom Afonso Henriques, en 1147. Peu après, les Templiers bâtirent leur citadelle à Tomar.
 
Les revendications espagnoles sur le Portugal amenèrent de nouveaux conflits. L'abbaye de Batalha fut construite près du lieu de la victoire de Dom Joâo Ier sur la Castille à Aljubarrota, en 1385. Plus tard, entre 1808 et 1810, les troupes de Napoléon mirent à sac nombre de villes de la région, mais elles furent arrêtées par les défenses de Wellington, les fortifications de Torres Vedras. L'Estremadura connaît aujourd'hui une relative expansion grâce à l'agriculture. La plaine alluviale du Ribatejo littéralement " rive du Tage " possède un sol fertile couvert de cultures et de pâturages où paissent chevaux et taureaux.
 
La région de Tomar et les villes bordant le Tage abritent des industries prospères. Le barrage construit dans les années 40 sur le Zêzere, à Castelo de Bode, ouvrit l'ère de l'énergie hydroélectrique. Avec des villages de pêcheurs comme Nazaré et les plages de sable bordant une vaste pinède, la Pinhal de Leiria, la côte atlantique a la faveur des vacanciers. Les visiteurs affluent aussi à Fâtima, le principal sanctuaire du Portugal, où sont célébrées les apparitions de la Vierge (1917).
 
Alcobaça
 
Le mosteiro de Santa Maria de Alcobaça est un fleuron de l'art cistercien. Monument phare, à jamais attaché au souverain Dom Monso Henriques et à la reconquête, l'abbaye fut fondée en 1153. En mars 1147, Dom Monso Henriques prit le bastion maure de Santarém En échange de l'aide apportée lors de la reconquête, Dom Monso Henriques donna ce territoire, en 1152, à Bernard de Clairvaux pour y fonder une abbaye. Un premier monastère, qui vit le jour en 1180, fut vite détruit par les Maures ; l'ouvrage ne fut achevé qu'en 1223 Les rois continuèrent à doter le monastère, notamment Dom Dinis, qui construisit le cloître principal.
 
Batalha
 
L'abbaye dominicaine de Santa Maria da Vitoria à Batalha, qui célèbre la victoire d'A1jubarrota en 1385, est le chef-d'oeuvre du gothique rayonnant portugais. En effet, Dom Joào Ier, avait fait le voeu d'élever une église magnifique à la Vierge s'il gagnait la bataille. La construction fut entamée en 1388 par l'architecte maître Afonso Domingues, auquel succéda en 1402 David Huguet. Au cours des deux siècles suivants, différents rois y laissèrent leur empreinte. Le fils de Dom Joào, le roi Duarte, commanda un panthéon derrière l'abside ; les chapelles inachevées et les décorations des bâtiments sont des ajouts manuélins. L'abbaye a toujours un rôle militaire. Deux soldats inconnus de la Première Guerre mondiale reposent dans le chapitre.
 
Tomar : Convento de Cristo
 
Fondé en 1162 par le grand maître des Templiers, le couvent du Christ présente toujours des témoignages de ces moines-chevaliers et de l'ordre du Christ qui leur succéda. Sous Henri le Navigateur, grand maître de l'ordre à partir de 1418, des Saint-Jérôme, cloîtres virent le jour entre le portail sud Charola et la forteresse des Templier. Mais c'est le règne de Dom Joào III (1521-1557) qui connut les changements les plus importants. Des architect.s comme Joào de Castilho et Diogo de Arruda construisirent l'église et les cloîtres, foisonnant de décorations manuélines, qui culminent dans la fenêtre sur la face ouest de l'église.
 
LES BEIRAS
 
Les Beiras qui se déroulent de la frontière espagnole à la mer séparent le Nord, très vert, du Sud aride. Très diversifiée, cette région réunit les sommets de la Serra da Estrela et les marais salants de la Ria de Aveiro, la station balnéaire animée de Figueira Foz et la ville universitaire de Coimbra, chargée d'histoire.
 
Les trois provinces des Beiras (l littéralement : bords) ne sont pas des hauts lieux du tourisme. Toutefois, par le passé, elles ont joué un rôle marchand et militaire qui a laissé des traces. Les jolies roues des bateaux d'Avtiro servant à récolter les algues dans la Beira Litoral, sont un héritage phénicien. Dans toute la Beira Baixa, de Castelo Branco aux petits villages granitiques, on trouve des vestiges des occupants passés. Quant à Viseu, la capitale de la Beira Alta, elle est née à la croisée des routes marchandes empruntées par les Romains.
 
Les Romains ne s'implantèrent pas aussi solidement ici que plus au sud, mais les ruines de Conimbriga témoignent de l'élégance de la ville qui a donné son nom à Coimbra. À la création du royaume du Portugal, le roi Afonso Henriques installa sa cour à Coimbra, qui resta plus d'un siècle la capitale du jeune État.
 
Les premières heures du royaume et l'indépendance durement acquise ont laissé un héritage de châteaux et de villes fortifiées. Pour se protéger des revendications sur leurs terres de l'Espagne toute proche, les rois du Portugal construisirent une imposante chaîne de forts gardant la frontière orientale. Par exemple, Almeida, aux remparts imprenables, rappelle l'histoire mouvementée du pays. Ces forteresses frontalières jouèrent un rôle déterminant dans la guerre d'indépendance contre l'Espagne, puis contre les troupes napoléoniennes. Même Buçaco, véritable havre de paix, fut le théâtre d'un affrontement entre Wellington et Masséna.
 
Aveiro
 
Aveiro, qui fut jadis un site portuaire important, s'enorgueillit d'une riche d'une histoire - ses marais salants étaient déjà mentionné, dans le testament de la comtes de Mumadona, en l'an 959. Au XVème siècle, Aveiro tirait ses richesses du sel et de la morue pêchée au large de Terre-Neuve par les bacalhoeiros. En 1575, la lagune fut fermée par une tempête et le port s'envasa. La ville déclina peu à peu au bord de la ria, la lagune étant devenue malsaine Ce n'est qu'au XIXème siècle qu'Aveiro retrouva un peu de sa prospérité. La ria et ses canaux lui donnent un charme particulier.
 
Coimbra
 
Ville natale de six rois et siège de la plus vieille université du Portugal, Coimbra est chère au coeur des Portugais. À l'époque romaine, elle s'appelait Aeminium. Au VIème siècle, l'évêché de Coimbra fut transféré ici, et la ville adopta le nom de Coimbra. La ville fut prise aux Maures en 878, pour retomber entre leurs mains un siècle plus tard, avant d'être libérée par le roi de Castille, Ferdinand le Grand, en 1064. Lorsque Dom Afonso Henriques, premier roi du Portugal, voulut transférer sa capitale au sud de Guimaràes en 1139, il fit le choix de Coimbra, qui conserva ce privilège jusqu'en 1256. Liée aux débuts du royaume du Portugal, Coimbra offre aux visiteurs une profusion de témoignages historiques.
 
Buçaco
 
Mi-forêt ancienne, mi-arboretum, la forêt nationale de Buçaco est un endroit magique. Dès le VIème siècle, elle fut un lieu de retraite monastique, et en 1628, les carmes s'y installèrent et entourèrent la forêt d'un mur. (l'accès avait été interdit aux femmes par le pape en 1622). Ils aménagèrent des promenades invitant à la contemplation, construisirent des chapelles et plantèrent des arbres. Les végétaux furent placés sous protection pontificale en 1632. Les 105 hectares qui abritent 700 essences indigènes et exotiques, comme le vénérable "cèdre de Buçaco". le monastère a fermé ses portes en 1834, mais la forêt est restée, avec ses promenades ombragées, ses grottes d'ermites et l'étonnant Buçaco Palace Hotel.
 
Châteaux frontaliers
 
Pour les premiers rois du Portugal, la défense des frontières était une priorité. De nombreux châteaux furent bâtis sous le règne du roi Dinis (1279 - 1325). Le long de la frontière, les incursions espagnoles étaient fréquentes et les loyautés partagées. Les châteaux étaient donc en permanence assiégés, pris et reconstruits. Les bâtiments préservés témoignent de cette période de conflits. Le paysage est essentiellement désolé et rocheux, surtout dans la Serra da Marofa, mais, près de Pinhel et au-delà de Castelo mendo, la vallée de Côa est superbe.
 
Serra da Estrela
 
La " montagne de l'Étoile " est la plus haute chaîne du Portugal continental, une grande partie de la Serra dépassant 1 500 m d'altitude. Le point culminant, à 1 993 m, est surmonté d'une petite tour de pierre - la Torre - qui l'aide à dépasser le cap des 2 000 m. Seul 1'élevage de moutons qui fournissent de la laine de pour l'industrie textile et du lait pour la production de fromage, peut être pratiqué sur le granit du haut de la Serra, et les huttes de bergers en pierre émaillent le paysage Les sentiers de la réserve naturelle et la flore, étonnante, attirent les randonneur, et les passionnés de botanique, qui, en hiver, cèdent la place aux skieurs, sur le versant des environs de Torre.
 
 
 

LE NORD

 
Rurale et sauvage, la région au nord du Douro propose nombre de visites culturelles, de promenades et de sports nautiques. Au-delà de la vallée cultivée du
Douro et du fertile Minho se déroule une région reculée au nom évocateur (Trâs-os-Montes signifie " derrière les montagnes "), aux étendues solitaires mais émaillées de petites bourgades médiévales La région entre le Minho et le Douro est le berceau de la nation portugaise. D'ailleurs, des villes historiques et fascinantes comme Porto, Bragança et Braga témoignent du passé.
 
 
DOURO et TRAS-OS-MONTES
 
En chemin vers l'Atlantique et la ville historique de Porto, le Douro, ou " fleuve d'Or ", serpente dans des gorges profondes, où s'étagent des millier- de vignobles en terrasses. Au nord-est,plateaux et les montagnes du Trás-os-Montes, littéralement " derrière les montagne ", constituent la région la plus sauvage du pays.
 
Dès le IXème siècle av. J-C, des marchands phéniciens arrivèrent dans l'estuaire du Douro. Bien plus tard, les Romains développent Portus et Cale, de part et autre du fleuve, avant que les deux noms ne se fondent en Portucale, pour désigner la région entre le Minho et le Douro, qui fut le coeur du royaume du Portugal.
 
L'estuaire et la côte, le Douro littoral, regroupent aujourd'hui des ports de pêche, des stations balnéaires et des zones industrielles À l'embouchure, Portus devint Porto, capitale régionale et deuxième ville du pays prospère grâce à des siècles d'échanges, Porto la cosmopolite est à la fois moderne et ancrée dans le passé. Son bord de mer et ses venelle de guingois sont un enchantement. De sa colline, Porto est tournée vers le Douro et, plus loin, vers les chais à se bonifie le précieux nectar.
 
Les coteaux bordant la rivière sont voués à la culture de la vigne D'interminables vignobles sont parsemés de propriétés viticoles (quintas).
Par contraste avec la vallée prospère du Douro, le Trâs-os-Montes est isolé et sauvage Dans le passé, il fut un refuge pour les exilés religieux et politiques, mais la dureté de la vie a dépeuplé la région.
 
Le Nord, rural, est la région la plus traditionnelle du pays Cela se manifeste également dans les lestas locales, qui comptent parmi les plus pittoresques du Portugal. Si l'influence de l'extérieur commence à se faire sentir dans le Trâs-osMontes, le visiteur découvre toujours une région de petits villages paisible entre des champs de seigle et la lande, où le parque naturel de Montesinho s'étend de Bragança à la frontière espagnole.
 
Porto
 
Depuis l'époque où les Romains bâtirent un fort là où leur route marchande traversait le Douro, Porto a prospéré grâce au commerce. Prompte à chasser les Maures au XIème siècle et à tirer profit du passage des croisés, la cité a aussi exploité les richesses engendrées par les découvertes maritimes du Portugal, au XVème et au XVIème siècle. Un peu plus tard, le commerce du vin avec les Britanniques remplaça avec succès celui des épices.
 
La prospérité qui fut celle de Porto dès le XVème siècle manifeste un peu partout dans la ville. Le commerce de produits importés des colonies portugaises permit notamment à l'or et aux bois exotiques du Brésil d'inonder les églises. Les marchands aisés dépensèrent sans compter, commandant peintures et azulejos. L'extravagante Bourse, le palâcio da Bolsa, et l'élégante feitoria Inglesa sont des témoignages plus récents de l'activité commerçante de Porto.
 
Bragança : la citadelle
 
Le site accueillit plusieurs forts avant que Fernào Mendes, beau-frère du roi Afonso Henriques, ne fasse construire ici, en 1130, une citadelle, qui fut appelée Brigantia L'enceinte abrite toujours le château de Dom Sancho Ier, de 1187, avec ses tours de guet, son donjon et la Domus Municipalis pentagonale du XIIème siècle, à côté de l'église Santa Maria. La ville a donné son nom à la dernière maison royale portugaise, issue d'un fils bâtard de Dom Joào , qui devint en 1442 le premier duc de Bragança.
 
MINHO
 
Berceau de la nation, la région compte deux villes historique majeures : Guimarães, la première capitale du Portugal, et Braga, son principal centre religieux. Dans cette région très attachée à ses traditions, l'agriculture prospère grâce aux pluies abondantes qui en font la partie la plus verte du pays.
 
Deux fleuves baignent cette région verdoyante - le Douro au sud et Minho au nord - où l'on ne compte plus les vestiges du néolithique, en particulier les forts de pierre (castros), perchés sur les collines. D'ailleurs, les Celtes, qui occupèrent le Minho au premier millénaire J.-C., les transformèrent en citânias (peuplements), comme celui de Briteiros.
 
Au IIème siècle av J.-C., les légions romaines qui conquirent la région introduisirent la viticulture et construisirent un réseau routier. Des bornes romaines sont toujours visibles dans le parc national de Penedaerês. Lorsque l'Empire romain se convertit au christianisme, au IVème siècle, Braga devint un centre religieux majeur, ce qu'il est resté. Au Vème siècle, les Romains furent délogés par les Suèves, suivis par les Wisigoths qui durent fuir à leur tour devant l'inasion maure en 711. Le Minho ne fut repris aux Maures qu'au IXème siècle et la région ne gagna de l'importance qu'au XIIème ,siècle sous Dom Afonso Henriques . Le premier roi du Portugal installa sa capitale à Guimaràes.
 
Depuis des siècles, les fermes et les terres fertiles du Minho se transmettent de génération en génération, chaque héritier recevant une part de terre. Mais la multiplication des parcelles, trop petites pour être rentables, a entraîné une forte émigration dans les années 60. Néanmoins, l'économie du Minho, où le taux de chômage est élevé, repose sur les petites et moyennes entreprises de la région de Braga et de Guimaràes L'agriculture permet notamment de produire les fameux vinho verdes, ou vins verts Malgré le développement du tourisme, le Minho est resté très attaché à ses traditions.
 
Viana do Castelo
 
Viana do Castelo est installée sur un joli site, dans l'estuaire de la Lima. Au XVème siècle, elle devint un centre de pêche important. Au XVIème siècle, elle fournit des bateaux et des navigateurs pour les grandes Découvertes maritimes C'est d'ici que Joào Velho prit mer pour explorer le Congo et qu'Alvares Fagundes partit pêcher à Terre-Neuve. Le commerce avec l'Europe et le Brésil apporta des richesses qui permirent de bâtir les nombreuses demeures de style manuélin, Renaissance ou baroque.
 
Braga
 
Appelée Bracara Augusta à l'époque romaine, Braga s'enorgueillit d'une longue histoire comme centre religieux et commerçant. Au XIIème siècle, la ville devint le siège des archevêques du Portugal et la capitale religieuse du pays Bien qu'elle ait perdu de l'influence au XIXème siècle, elle est restée la capitale spirituelle du pays, et la ville principale du Minho. Il n'est donc pas étonnant que Braga accueille des fêtes religieuses hautes en couleurs La Semana santa (semaine sainte) est célébrée par des processions solennelles et spectaculaires. Les églises, les majestueuses demeures du XVIIIème siècle et les jolis jardins font le charme du centre de Braga La fête de Sào Joào, en juin, s'accompagne de danses, de foires et de feux d'artifice.
 
Bom Jesus do Monte
 
Sur un versant boisé, à l'est de Braga, se dresse le sanctuaire religieux le plus étonnant du pays. En 1722, l'archevêque de Braga conçut l'immense escadaria (escalier) baroque de Bom Jesus, pour desservir le petit sanctuaire existant. Mais l'escalier et l'église du même nom ne furent achevés qu'en 1811 par Carlos Amarante. La partie asse comprend une voie sacrée escarpée avec des chapelles illustrant les quatorze stations du chemin de croix. L'escadório dos Cinco Sentidos, au centre, représente les cinq sens, avec des fontaines murales et des statues de personnages bibliques, mythologiques et symboliques. Il est suivi par l'escalier des Trois Vertus, lui aussi allégorique. Au sommet, l'esplanade offre une superbe vue et permet d'accéder à l'église Non loin se trouvent plusieurs h6tels, un café et un lac caché entre les arbres où on peut faire du bateau. Lieu de pèlerinage, le sanctuaire est devenu attraction touristique.
 
Guimaràes
 
La ville, entourée de collines, est considérée comme le berceau de la nation portugaise Lorsque Dom Afonso Henriques se proclama roi du pays, en 1139, il choisit Guimaràes pour capitale. La silhouette de son château figure sur l'écusson du Portugal. Les ruelles étroites du quartier médiéval bien préserver au centre, se prêtent parfaitement à une visite à pied. La rua de Santa Maria, une rue pavée bordée de maisons anciennes ornées de magnifiques statues part de la place principale, le largo da Oliveira, et dépasse le paço dos Duques pour monter jusqu'au château. Pour revivre l'animation qui régnait ici au Moyen Âge, on visitera la ville la première semaine d'août lors des festas Gualterianas, un festival d'art et costumes médiévaux .
 
 
 
LE SUD
 

Au sud du tage, les champs de blé et les plains desséchées de l'Alentejo s'étendent à perte de vue. La région possède un riche héritage, remontant jusqu'à la préhistoire. Toutefois, les visiteurs d'Elvas, beja ou d'Evora, classée patrimoine de l'Humanité, ne seront pas gênés par l'afflux des touristes.

 
 
ALENTEJO
 
Installé entre le Tage et l'Algarve, l'Alentejo couvre quasiment un tiers du Portugal. Cette région écrasée par le soleil offre aux visiteurs, ses vastes plaines vallonnées tapissées de blé doré et d'oliviers argentés, ses villages blancs, ses mégalithes et ses châteaux, sans oublier grands espaces et sa tranquillité.
 
Des cercles de pierres, des dolmens, d'autres vestiges de l'âge de pierre émaillent les plaines de l'Alentejo, surtout autour d'Évora, joyau touristique au centre du pays.
À l'instar de Beja, Vidigueira d'autres villes, Évora a été fondée par les Romains, qui appréciaient cette terre - delà du Tage (além Tejo) pour ses champs de blé. Pour combattre l'aridité du sol, ils traduisirent des systèmes d'irrigation ingénieux. D'immenses propriétés agricoles, où étaient cultivées des céréales pour l'Empire romain, furent créées. Ces propriétés, ou latifundios, existent toujours, et certaines sont aujourd'hui gérées comme des coopératives.
 
Outre les céréales, les vastes plaines fournissent du liège et des olives - Elvas est connu pour ses olives et ses runes. Les vignobles des environs de Reguengos et de Vidigueira donnent des vins puissants, et l'Alentejo possède plusieurs régions viticoles délimitées. Depuis son entrée dans la Communauté européenne, en 1986, le Portugal s'est modernisé et a effectué d'importants investissements, mais la région est toujours faiblement peuplée, avec dix pour cent seulement de la population. La propriété des terres a toujours constitué un problème dans la région, et le communisme y compte de nombreux partisans - les Alentejans furent de fervents défenseurs de la révolution de 1974.
 
Nombre de villes et de villages portent les traces de la longue présence maure, qui transparaît à travers les maisons blanches cubiques. Au nord et à l'est, les plaines cèdent la place aux paysages rocheux, parsemés de villages fortifiés et de terres où paissent les moutons.
 
Vila Viçosa : Paço Ducal
 
Le luxueux palais de Vila Viçosa, dont la construction fut entamée par Dom ]aime en 1501, fut la résidence favorite des ducs de Bragança. Quand le 8ème duc devint roi, en 1640, une grande partie du mobilier le suivit à Lisbonne, mais les appartements du premier étage, de la sala de Cabra-Cega, où avaient lieu les parties de colin-maillard, à la sala de Hércules, sont restés splendides. Les salles du roi Carlos et de son épouse, plus intimes, sont quasiment telles que le souverain les a laissées la veille de son assassinat, en 1908.
 
Evora
 
La ville d'Évora, ceinturée de murailles, se dresse dans la plaine de l'Alentejo Elle se développa sous les Romains et prospéra durant le Moyen Âge comme foyer d'enseignement et centre artistique. Évora fut une résidence appréciée des monarques jusqu'à l'annexion du Portugal par l'Espagne en 1580. Son influence diminua encore après la fermeture de l'université jésuite, au X'VIIIèmesiècle. Aujourd'hui, les étudiants emplissent à nouveau les rues, se mêlant aux visiteurs. L'héritage d'Évora a été reconnu officiellement en 1986, lorsqu'elle fut déclarée patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO
 
ALGARVE
 
Bordée au nord par des montagnes, l'Algarve jouit d'un climat, d'une culture et de paysages très différents du reste du Portugal. Son littoral superbe et son climat doux toute l'année, dû à la mer chaude et aux courants atmosphériques venus d'Afrique du Nord, en font une destination très prisée.
 
Le sol fertile de l'Algarve, ses promontoires stratégiques et ses rivières attirent les visiteurs depuis l'époque phénicienne. Cinq siècles de domination arabe, à partir de 711, ont laissé des traces, qui se manifestent dans l'architecture, les cheminées ajourées, les azulejos, les orangeraies et les amandiers. Les noms de lieu commençant par AI sont également d'origine maures ; par exemple, AI-Gharb (l'ouest ) désignait la bordure occidentale de l'empire musulman.
 
Lorsque l'Algarve fut reprise par les chrétiens, en 1249, les souverains portugais prirent le titre de rois " du Portugal et des Algarves ", distinguant, la région du reste du pays. Toutefois, c'est l'Algarve qui mit le Portugal en vue au XVème siècle, lorsque Henri le Navigateur créa une école de navigation à Sagres, ouvrant ainsi l'ère des explorations.
 
Son destin allait basculer en 1755, car l'épicentre du séisme se trouvait au sud de Lagos, alors capitale de la région. Quasiment toutes les localités furent détruites ou gravement endommagées, ce qui explique le faible nombre de bâtiments antérieurs au séisme.
 
Faro
 
Capitale de l'Algarve depuis 1756, Faro a souvent changé de physionomie par suite des invasions succesives et du séisme de 1755, Le village de pêcheurs préhistorique devint un port et un centre administratif important à l'époque romaine, appelé Ossonoba. Pris aux Maures par Dom Afonso III en 1249, Faro prospéra jusqu'en 1596, avant d'être mis à sac et incendié par le comte d'Essex, favori d'Élisabeth Ière d'Angleterre La nouvelle ville née des cendres fut ravagée par le séisme de 1755. Bien qu'il reste des vestiges des vieilles murailles, les plus beaux bâtiments datent surtout de la fin du XVIIIème et du XIXème siècle.
 
 
 
LES ILES PORTUGAISES
 

Jadis avant-poste d'un empire éloigné, Madère et les Açores sont aujourd'hui désservies par avion depuis le Portugal continental.

Située dans l'Océan Atlantique, Madère, île jardin, est un véritable paradis. Bénéficiant d'un climat idéal tout au long de l'année (Entre 16° en hiver à 25° en été) , elle nous offre des paysages à en rester bouche bé! La combinaison du sol volcanique et d'un climat semi-tropical en fait un jardin luxuriant, suspendu au-dessus de l'Atlantique, où toute les espèces végétales se relaient, bref des fleures en pagaille !

Iles de magie, radieuses, solitaires, finistères absolus dans l’Atlantique, les Acores sont des îles-jardin où les coulées de lave sont devenues des terreaux fertiles, rouges et noirs. Ici, tout est mythe : Atlantide et baleines, hortensias et anticyclone. Chaque île a sa couleur, verte pour São Miguel, rose hibiscus pour Florès, bleue pour Faial, volubilis pour Pico. C’était le jardin des Hespérides. A Pico, le vin de Verdelho se boit bien vert, et dans les cafés enfumés, les marins racontent des histoires à la Moby Dick.

 
MADERE
 
 
Madère (Madeira) est une île subtropicale paradisiaque d'origine volcanique, qui est radicalement différente du Portugal continental. Dotée d'un climat clément qui, dans la journée, ne varie guère que de quelques degrés au-dessus ou au dessous de 20°, elle est agréable toute l'année .
 
L'archipel n'est qu'un petit point dans l'Atlantique, à 8 km du Maroc et à presque 1 000 km de Lisbonne. Néanmoins, Madère et Porto Canto figuraient déjà sur une carte génoise de 1351. Personne ne les revendiqua jusqu'en 418, où Joào Gonçalves Zarco fut entraîné dans Atlantique par une violente tempête, alors qu'il explorait la côte africaine. Il arriva sain et sauf à Porto Santo, où il planta le drapeau portugais avant de rentrer à Lisbonne. Un an après, il entreprit un nouveau voyage d'exploration financé par Henri le Navigateur. En 1420, il passa l'hiver à Porto Santo, puis il mit le cap sur les terres auréolées de brume qui se détachaient à l'horizon. Il accosta sur une belle île boisée (madeira signifie bois), riche en eau douce. Sept ans plus tard, une colonie de pionniers y mettait à profit le sol fertile et le climat chaud pour cultiver la canne à sucre. Les insulaires firent fortune avec l' " or blanc " et des esclaves furent amenés pour travailler la terre et aménager les terrasses et les canaux d'irrigation (levadas) qui existent toujours. Malgré l'inclinais on du sol, le moindre arpent de terre y est exploité, et la vigne, les bananes et les fleurs exotiques jouent un rôle déterminant dans l'économie locale.
 
À la fin du XIXème siècle, Madère devint une villégiature hivernale très prisée. Le lancement de vols commerciaux, en 1964, permit aux touristes de découvrir Madère. Aujourd'hui, l'île est appréciée des randonneurs, des passionnés de botanique et des amateurs de soleil, bien qu'elle soit privée des plages de sable de Porto Santo, l'île soeur.
 
Funchal
 
c'est également la capitale de l'île. Les maisons blanches sont perchées sur les pentes dominant une baie. Face à la baie c'est la quartier administratif et commercial. A l'est, la vieille ville et à l'Ouest s'étendent des hôtels modernes et des quartiers plus touristiques.

La cathédrale, datant de la fin du 15é siècle, fut la première cathédrale portugaise d'outre-mer. Elle est de style manuélin (comme la tour de Belem à Lisbonne) et présente une façade sobre et élégante. Autres monuments d'intérêt : l'Hôtel de ville (palais du 18è s.), l'Église du Colégio (de style jésuite elle date du début du 17é s.) et le Couvent de Santa Clara (XVIIème siècle). Les azulejos sont fortement présents dans les monuments de la ville, aussi bien en façade qu'en ornements intérieurs.

 
LES ACORES
 
 
En plein Atlantique, à 1 300 Km du Portugal continental, ces neuf îles séduisent par leurs paysages volcaniques spectaculaires, leur flore riche et leur mode de vie paisible. Autrefois totalement sauvages et isolées, ces îles sont appréciées des passionnés de randonnée, de voile et de solitude .
 
Les explorateurs portugais découvrirent la première île de l'archipel, Santa Maria, en 427. Les Açores doivent leur nom aux buses que les explorateurs prirent pour des vautours (açores) Au XVème et au XVIème siècle, elles furent peuplées par des colons : portugais et flamands, qui introduisirent l'élevage, la culture du maïs et la vigne.
 
Les Açores ont tiré profit de leur emplacement. Entre 1580 et 1640, alors que le Portugal était sous domination de l'Espagne, les ports d'Angra do Heroîsmo, à Terceira, et de Ponta Delgada, à Sào Miguel, ont prospéré grâce au commerce fructueux avec le Nouveau Monde. Au XIXème siècle, les baleiniers américains venaient s'y approvisionner. Enfin, au XXème siècle, l'archipel accueillit des compagnies de câbles transatlantiques, des observatoires météorologiques et plusieurs bases militaires aériennes. Aujourd'hui, la plupart des Açoriens vivent de l'industrie laitière ou de la pêche au thon. Cependant, l'archipel entretient des liens étroits avec le Portugal continental et avec l'importante communauté açorienne qui se trouve aux États-Unis et au Canada.
 
Beaucoup d'émigrés rentrent dans leur île natale pour les fêtes traditionnelles, notamment les festas du Saint-Esprit. Doté de rares plages et d'un climat capricieux, l'archipel a réussi, pour le moment, à échapper au tourisme de masse. Les visiteurs y vont essentiellement pour explorer les montagnes vertes sillonnées d'hortensias bleus et se reposer dans des ports paisibles, aux rues pavées et aux églises baroques Ces confins" exotiques " de l'Union européenne sont devenus une région autonome du Portugal, où la vie suit son cours paisiblement.
 
Peu d'endroits dissimulent autant de secrets à découvrir que les neuf îles des Açores. L'un d 'entre eux est ce volcan éteint qui domine de sa stature impressionnante l'île de Pico. Le sol pris par les laves il y a des millions d'années offre au regard un contraste étonnant avec les fleurs aux couleurs fraîches et les pâturages verdoyants. Du sommet laissez-vous surprendre par le panorama unique de quatre autres îles : là des vignes, des lagons ou encore des vertes prairies où se mêlent en abondance des camélias, des azalées des hortensias.
 

D'un bout à l'autre de ces îles, les volcans ont produit de curieux phénomènes naturels, les "mystérios" par exemple, un sol absolument noir et pourtant couvert de végétation, ou encore les geysers bouillonnants qui permettent aux habitants de Sao Miguel de cuire leur fameux "Cozido das Furnas".

 
 
Les informations de cette page proviennent du livre Le Portugal, Guide Voir, Hachette
 
 
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