Les Aborigènes
     
     
     
Avant l'arrivée des colons européens, les populations composées des Aborigènes et des Insulaires du Détroit de Torres vivaient dans la plupart des régions de l'Australie, chacune d'entre elles parlant une ou plusieurs des centaines de langues différentes, avec des modes de vie et des traditions culturelles et religieuses distinctes selon les diverses régions.

Adaptables et créatifs, utilisant une technologie simple mais des plus efficaces, les indigènes australiens avaient des systèmes sociaux complexes et des traditions hautement développées reflétant leur relation profonde avec la terre et avec l'environnement.

Même si leur culture matérielle était simple, les sociétés des Aborigènes et des Insulaires du Détroit de Torres créaient, préservaient et transmettaient une grande quantité de connaissances détaillées.

     
Deux peuples distincts  
 

Les Aborigènes et les Insulaires du Détroit de Torres sont ethniquement et culturellement distincts.

D'un point de vue historique, les Aborigènes ont vécu sur l'Australie métropolitaine, en Tasmanie et sur de nombreuses îles côtières.

Les Insulaires du Détroit de Torres sont originaires des îles du Détroit de Torres, entre la pointe du Cap York, au Queensland, et la Papouasie Nouvelle-Guinée et présentent de nombreuses similitudes culturelles avec les peuples de la Papouasie Nouvelle-Guinée et du Pacifique.

Lors de l'arrivée des colons européens en 1788, on estime qu'il y avait quelque 300.000 Aborigènes et Insulaires du Détroit de Torres en Australie. Ce chiffre a singulièrement diminué pendant le XIXe siècle et au début du XXe siècle sous l'effet de nouvelles maladies, de l'expropriation et des bouleversements et de la désintégration de leur culture.

Au cours des vingt dernières années, le changement des attitudes sociales, l'évolution politique et l'amélioration de la couverture statistique ont tous contribué à l'accroissement du nombre de personnes s'identifiant elles-mêmes comme étant d'origine aborigène ou insulaire du Détroit de Torres.

Lors du dernier recensement (en 1996), quelque 352.970 se sont identifiées comme telles.

Environ 27% d'entre elles vivent dans les grands centres urbains, alors que 32% parmi elles vivent dans les zones rurales et isolées et ont conservé certains aspects de leur organisation sociale traditionnelle. Plus de 40% d'entre elles vivent dans des petites villes de moins de 1.000 habitants.

Selon une projection du Bureau Australien des Statistiques, la population indigène australienne passera de 352.970 personnes en 1996 à environ 470.000 en 2006, sur la base des tendances actuelles en matière de fécondité et de mortalité.

 
 
Le peuple aborigène
 

Histoire et croyances

Même si tous les peuples partageaient un mode de vie et des croyances religieuses similaires, ils appartenaient à des groupes séparés qui avaient leurs propres langues, pays, légendes et cérémonies. Ils vivaient dans des environnements différents et leur histoire était différente.

Aussi, leurs gravures et peintures que l'on trouve dans toute l'Australie possèdent-elles des styles et des thèmes très variés. Selon les croyances de nombreux groupes aborigènes, leurs peuples sont en Australie depuis l'origine, le Temps du Rêve.

Durant cette période, les esprits ancestraux ont surgi de la terre et sont descendus du ciel pour marcher dans le pays. Ils ont modelé ses rochers, rivières, montagnes, forêts et déserts. Ils ont également créé tous les êtres humains, tous les animaux et tous les végétaux qui devaient vivre dans le pays et ont établi les concepts des vies qu'ils devaient mener.

Les ancêtres spirituels ont donné aux peuples aborigènes leurs lois, coutumes et codes de conduite et sont la source des chants, danses, dessins et rites qui sont la base de l'expression religieuse des aborigènes.

Lorsque les êtres spirituels ont achevé leur oeuvre, ils sont retournés à la terre, devenant des ruisseaux, des mares, des amoncellements de rochers ou sont restés comme silhouettes ou impressions sur des murailles rocheuses pour que les gens les voient et les retracent avec de la peinture.

La plus grande partie de l'art aborigène est liée aux contes du Temps du Rêve et aux rites et cérémonies qui sont exécutés pour maintenir les liens entre les hommes et le monde des esprits.

     
Nourriture naturelle

Avant la colonisation européenne, les Aborigènes australiens avaient un régime alimentaire équilibré avec des fruits de saison, des noix, des racines, des légumes, des viandes et des poissons - des variétés et des espèces toutes originaires d'Australie.

Ils vivaient dans des environnements différents dans le pays, des côtes tropicales et des forêts humides aux déserts et aux montagnes alpines, s'adaptant aux nombreux climats et conditions différents.

Avec leur connaissance intime des caractéristiques des plantes et des habitudes des animaux terrestres et marins, les peuples aborigènes avaient le savoir de ce qui est comestible, où et quand le trouver, comment le capturer ou le recueillir et le préparer à manger.

Dans les régions isolées, de nombreuses communautés mangent encore des aliments naturels, même si le mode de chasse ou de cueillette a souvent changé.
Le fusil a largement remplacé la lance dans les régions du nord et du centre de l'Australie où l'on chasse des oiseaux, des buffles et d'autres gibiers.

Et le filet de pêche et le fil nylon sont utilisés en lieu et place des hameçons en os et des filets en fibre végétale.

La nourriture est étroitement liée à la riche vie spirituelle des Aborigènes. Ils croient que les hommes, les terres, les animaux et les végétaux sont les composants d'un vaste système créé par les esprits ancestraux changés sous une autre forme, comme les fourmis à miel de Papunya, dans le centre de l'Australie.

Les coutumes, les règles et les lois religieuses régissent la plupart des aspects de la collecte, de la préparation et de l'ingestion des aliments traditionnels.

     
La culture sur brûlis

Avant la colonisation européenne, la technique 'agricole' la plus répandue chez les peuples aborigènes était l'utilisation prudente du feu pour brûler certaines catégories de végétaux et en protéger d'autres.

Si certains habitats ne sont pas soumis au feu régulièrement, ils constituent une médiocre source d'alimentation. En allumant un incendie, les Aborigènes prenaient en compte la saison, les conditions météorologiques et d'autres facteurs influençant la portée du feu.

Les incendies qu'ils allumaient étaient généralement de petite taille et bien délimités.

Aujourd'hui, dans certaines parties du nord et du centre de l'Australie, les Aborigènes continuent à pratiquer les brûlis, oeuvrant parfois en collaboration avec les biologistes pour récréer le modèle des brûlis qui était utilisé par leurs ancêtres.

     
Les Insulaires du Détroit de Torres


Les Insulaires du Détroit de Torres doivent leur nom au détroit qui sépare, au Cap York, l'Australie de la côte sud de la Papouasie Nouvelle-Guinée.

La population totale actuelle des deux communautés métropolitaines dans le Détroit de Torres et des 14 communautés des îles au large se monte à 8.000 habitants dont environ 6.000 sont des Insulaires du Détroit de Torres et des Aborigènes.

Quelque 21.000 Insulaires du Détroit de Torres vivent dans une autre région, essentiellement sur la côte du nord du Queensland, particulièrement à Townsville et à Cairns.

L'enquête nationale de 1994 sur les Aborigènes et Insulaires du Détroit de Torres suggère que les Insulaires du Détroit de Torres vivant en métropole possèdent un profond sens de l'attachement à leur patrie, nombre d'entre eux y retournant régulièrement pour des événements sociaux et familiaux d'importance.

La population d'Insulaires du Détroit de Torres, à la fois dans le Détroit de Torres et en métropole, est généralement jeune. Environ 60% de ses membres ont moins de 24 ans, contre 37% pour l'ensemble de l'Australie. Près de 60% des Insulaires du Détroit de Torres de métropole sont en âge de travailler (entre 15 et 64 ans).

Les Insulaires du Détroit de Torres du Détroit de Torres et de métropole ont une voix distincte dans les affaires nationales. Avec la création en 1990 de la Commission des Aborigènes et Insulaires du Détroit de Torres (ATSIC), ils ont obtenu une reconnaissance officielle. En dehors d'un Conseil Régional du Détroit de Torres, l'ATSIC comporte également un Bureau des Affaires des Insulaires du Détroit de Torres dans le cadre de son siège à Canberra et un Conseil des Insulaires du Détroit de Torres avec des membres de chaque Etat et Territoire.

Tout en préservant leur culture distincte, les Insulaires du Détroit de Torres ont apporté une contribution importante au développement économique de l'Australie dans l'industrie perlière, la construction des chemins de fer, l'industrie du sucre et les arts et la culture. En Australie Occidentale, par exemple, les Insulaires du Détroit de Torres ont participé à la pose de voies ferrées pour le transport du minerai de fer des exploitations aux ports d'exportation.

L'Autorité Régionale du Détroit de Torres (TSRA) a été créée pour représenter les intérêts des Insulaires du Détroit de Torres dans le Détroit de Torres. Elle reconnaît que la réconciliation entre les indigènes et les non-indigènes d'Australie est fondamentale quant à la condition des Insulaires du Détroit de Torres et des Aborigènes en Australie et quant à l'essor de la nation.

L'exploitation commerciale durable des ressources de la mer est considérée comme cruciale pour l'emploi et pour le développement économique de la région.
Assumer la responsabilité régionale de la gestion de ces pêches est donc un objectif culturel et économique majeur pour les Insulaires du Détroit de Torres. Cela s'est déjà concrétisé de plusieurs façons. En août 1997, la Commission Permanente aux Affaires des Aborigènes et des Insulaires du Détroit de Torres de la Chambre des Représentants du Parlement Australien a remis un rapport intitulé Insulaires du Détroit de Torres.

Une Nouvelle Donne, un Rapport sur une plus grande autonomie pour les Insulaires du Détroit de Torres.

     
Les langues


Les premiers mots dans un langage australien ont été consignés par écrit en 1770 par un explorateur anglais, le Capitaine James Cook. Ces mots étaient exprimés par le peuple Guugu-Yimidhirr, sur l'Endeavour, un cours d'eau du nord du Queensland. Parmi ces mots, on relevait kang-ooroo, le nom d'une espèce de grand kangourou noir.

Ceux qui s'expriment dans les langues aborigènes sont souvent multilingues, capables de parler et de comprendre un certain nombre d'autres langues ainsi que l'anglais. Sur plus des 250 langues différentes et des 700 dialectes relevés sur l'ensemble de l'Australie, au moins 50 ne sont plus parlés, mais deux nouvelles langues se sont développées.

Il s'agit de langues créoles. Le créole du Cap York est parlé par les communautés des îles du Détroit de Torres et du Queensland. L'autre, le kriol, est parlé dans le nord de l'Australie.

De nombreux mots en kriol sont empruntés à l'anglais mais sont prononcés avec la phonétique d'une langue aborigène, et le recours aux règles de la grammaire aborigène et en leur donnant une signification aborigène. De nombreux jeunes Aborigènes dans le nord de l'Australie considèrent le kriol comme leur. A partir des années 1970, on a commencé à instaurer un enseignement bilingue dans certaines communautés aborigènes. Les enfants apprennent à lire et à écrire dans leur langue natale d'abord, avant de passer à l'anglais.

Les Aborigènes ont établi des centres linguistiques, procédé à des enregistrements de leurs langues et à la promotion de celles-ci et une Association Nationale des Langues Aborigènes a été créée. Des associations de presse aborigène ont commencé à émettre, proposant des programmes de radio et de télévision dans des langues aborigènes.

     
Les entreprises indigènes
 

Près de 3.000 Aborigènes sont à la tête de leur entreprise en Australie. Certaines de ces entreprises appartiennent à une seule personne, d'autres sont des sociétés communautaires et nombre d'entre elles travaillent en partenariat avec des compagnies non-aborigènes.

Les activités des entreprises incluent les arts et le tourisme, le commerce de détail et les services, mais aussi la construction et la maintenance, les transports, ainsi que les services fournis aux mines, exploitations agricoles et élevages. Le CDEP a aidé nombre de ses participants indigènes à créer des entreprises florissantes, dont certaines ont été distinguées par des récompenses destinées aux entreprises indigènes.

* Watherong Glass Pty Ltd, dans le Victoria, a obtenu en 1998 une récompense pour ses travaux en verre innovateurs. Ses projets comprennent la construction d'un plancher en verre de 45 m² dans un immeuble de Melbourne et la production de logos de sociétés pour une compagnie internationale ayant 23 bureaux à l'étranger.
* Six femmes aborigènes de Bunburry, en Australie Occidentale, ont créé le journal Noogawarda, qui a été lancé en octobre 1998 vers les marchés du commerce et des affaires.

Un bilan du CDEP en 1997 a recommandé la création d'un Fonds de Développement des Affaires du CDEP pour identifier les opportunités d'affaires, conduire des études de faisabilité, développer des business plans et garantir l'accès à l'expertise en affaires.

Les Aborigènes et les entreprises

Une importante exposition itinérante qui souligne des projets mixtes entre les indigènes d'Australie et l'industrie minière, Directions Nouvelles - l'Australie Aborigène et les Entreprises, doit circuler en 1999 et 2000 après avoir été présentée à Manille en novembre 1998 dans le cadres de manifestations australiennes marquant le centenaire de l'indépendance des Philippines. Cette exposition, montée conjointement par le Ministère des Affaires Etrangères et du Commerce Extérieur et la société minière Rio Tinto, est consacrée à une série de projets coopératifs entre Rio Tinto et des communautés aborigènes visant à développer l'emploi et les possibilités de formation, la réhabilitation de l'environnement, la protection du patrimoine, les entreprises, la conscience culturelle, l'enseignement, la santé et les sports.

     
L'importance de la terre
 

Le Gouvernement Australien reconnaît l'affinité unique des peuples indigènes pour la terre et la contribution de la terre au développement social et culturel et à l'auto-affermissement économique des peuples indigènes. Les Aborigènes possèdent et contrôlent aujourd'hui 15% du continent. Le Gouvernement reste engagé vis-à-vis de l'assurance que des opportunités sont procurées aux indigènes pour obtenir et concrétiser un accès à la propriété de la terre avec laquelle ils possèdent une association traditionnelle continue ou qu'ils peuvent aider avec leur développement social, culturel et économique continu.

Cet engagement passe par le soutien continu au fonctionnement du Fonds des Terres des Aborigènes et des Insulaires du Détroit de Torres et au rôle du Conseil des Terres Indigènes, lequel vise à aider les indigènes à acquérir et à gérer des terres de façon durable. Les investissements fonciers et la propriété de terres peuvent contribuer directement au développement et à l'auto-dépendance économiques des indigènes d'Australie.

La participation des Aborigènes à la gestion des zones protégées

La participation croissante des indigènes d'Australie à la gestion des parcs nationaux et d'autres types de zones protégées est devenue une tendance majeure au cours de la dernière décennie.

Le Gouvernement Australien, qui gère des zones protégées établies sur des terres sous son autorité directe, a entamé avec leurs propriétaires traditionnels la gestion de trois parcs nationaux -les Parcs Nationaux de Kakadu et d'Uluru-Kata Tjuta dans le Territoire du Nord et le Parc National de Booderee sur le Territoire de Jervis Bay.
Ces dispositions ont reçu un aval international en servant d'exemple à l'implication de populations indigènes dans la gestion de zones protégées.

En 1995, le Parc National d'Uluru-Kata Tjuta a remporté la Médaille d'Or Picasso -la plus haute distinction décernée par l'UNESCO- pour récompenser des efforts remarquables visant à préserver la nature et la culture aborigène dans le parc et établissant des normes internationales nouvelles pour la gestion du patrimoine mondial.

Plusieurs gouvernements d'Etat et de Territoire ont également conclu des accords de gestion mixte avec les peuples indigènes, tout en apportant leur soutien à la protection de zones de grande valeur en matière d'environnement sur des terres aborigènes (par exemple en maîtrisant les animaux d'origine externe). Le savoir traditionnel et les pratiques de gestion des terres des Aborigènes sont utiles aux programmes de reconstitution de plusieurs espèces d'animaux indigènes qui sont menacées depuis la colonisation par les Européens.

Une autre initiative du Gouvernement Australien : le Programme des Zones Protégées Indigènes

Ce programme complète le développement du Système National de Réserves en incorporant les terres appartenant aux indigènes dans le domaine protégé. Il implique des indigènes dans la gestion du domaine des zones protégées existant et encourage les groupes indigènes à gérer leurs terres avec les valeurs de la protection de la biodiversité par l'intermédiaire de la proclamation de Zones Protégées Indigènes (IPAs).

Dix projets pilotes IPA ont été financés en 1996-1997. La première Zone Protégée Indigène a été proclamée à Nantawarrina, en Australie Méridionale, en août 1998, cinq autres déclarations ayant été prévues en 1999.

     
La terre et la loi
 

Le titre indigène

Le "titre indigène" est le terme utilisé par la Haute Cour d'Australie pour décrire les droits et intérêts du droit coutumier des Aborigènes et Insulaires du Détroit de Torres vis-à-vis de la terre, selon leurs traditions, loi et coutumes.

La question du titre indigène a été évoquée lorsque la Haute Cour a tranché en 1992 en faveur d'une revendication territoriale formulée par le défunt Eddie Mabo, un Insulaire du Détroit de Torres. Mabo cherchait à prouver qu'il était un ayant droit à ses terres traditionnelles sur l'Île Mer, dans le Détroit de Torres.

Alors que la Haute Cour n'a pas défini le titre indigène, elle a statué que le titre indigène pouvait exister quand les peuples indigènes concernés avaient maintenu leurs liens traditionnels avec la terre et quand leur titre indigène n'avait pas été frappé d'extinction par un octroi gouvernemental de droits irréguliers.

La Haute Cour a également statué que le titre indigène est frappé d'extinction par des octrois de possession exclusive (comme les baux en propriété perpétuelle et libre et les baux résidentiels).

On croyait à l'époque que cela incluait les baux pastoraux. Sur la base des commentaires du cas Mabo, on a compris que le titre indigène ne pouvait exister que sur des terres de la Couronne vacantes et d'autres terres de la Couronne comme les réserves et les parcs nationaux, ainsi que sur les terres aborigènes.

Loi sur le Titre Indigène

La Loi sur le Titre Indigène a été adoptée en 1993 pour incorporer les principes du jugement Mabo dans les lois et la gestion des terres australiennes.Comme il était largement présumé à l'époque que le titre indigène était frappé d'extinction sur les baux pastoraux et autres tenures non-exclusives, la Loi ne traitait pas convenablement la possibilité de voir le titre indigène coexister avec d'autres droits sur la même terre.

La décision Wik

Le peuple Wik, du Cap York, a demandé à la Haute Cour de décider si sa revendication sur le titre indigène pouvait porter sur des terres de baux pastoraux. En décembre 1996, la Haute Cour a statué que le titre indigène pouvait survivre sur les baux pastoraux. Elle a également décidé que les droits des locataires pastoraux prévalaient sur tout droit que pourraient avoir les détenteurs de titres indigènes.

La décision a rendu impératif que la Loi sur le Titre Indigène soit amendée, en particulier pour réguler les relations entre les détenteurs de titres indigènes et les locataires pastoraux.

La Loi sur le Titre Indigène amendée en 1998

En 1997, le projet d'amendement de la Loi sur le Titre Indigène s'est occupé des problèmes nés de la décision Wik, mais a été mis de côté en raison de dissensions sur son contenu. Le projet d'amendement, qui impliquait des discussions intensives avec les Etats et Territoires, avec les groupes indigènes, avec les secteurs d'activités pastoraux, miniers et des ressources, a été accepté par le Sénat le 8 juillet 1998 et est devenu loi en septembre 1998.

La loi, telle qu'elle a été amendée, inclut des propositions formulées par les intérêts indigènes, comme la rationalisation des dispositions de responsabilité des Corps Représentatifs du Titre Indigène.

Elle préserve et respecte le droit coutumier comme statué par la Haute Cour tout en restaurant la certitude dans la gestion de la terre. Elle reconnaît et protège également les titres indigènes sur les baux pastoraux en coexistence potentielle (plus de 40% de la superficie de l'Australie) de façon à ce que des revendications de titres en coexistence puissent continuer à être faites sur des terres à baux pastoraux.

A la date de juillet 1998, 821 demandes de détermination de titres indigènes avaient été déposées auprès du Tribunal National du Titre Indigène, mais, en octobre 1998, seulement trois déterminations finales sur le titre indigène avaient été exprimées, deux concernant la métropole australienne et une concernant des terres au large.

     
La réconciliation
 
La réconciliation avec les peuples indigènes est une étape essentielle pour triompher des désavantages et parvenir à une plus grande équité sociale en faveur des peuples indigènes.

La réconciliation est également importante pour l'avenir de l'Australie. En 1991, le Parlement Fédéral a adopté à l'unanimité la création du Conseil de Réconciliation avec les Aborigènes pour forger de nouvelles relations entre la communauté globale et les Aborigènes et Insulaires du Détroit de Torres, des relations qui guérissent les blessures du passé et garantissent un sort équitable à tous les Australiens.

Durant sa courte existence, le Conseil a promu la conscience et la compréhension publiques du processus de réconciliation et a encouragé les Australiens de toutes origines à aider à faire de la réconciliation une réalité - un mouvement populaire pour la réconciliation. En 1997, il existait seulement 60 groupes de réconciliation et, un an plus tard, il y en avait déjà 250.

Le Conseil se trouve aujourd'hui dans son troisième et dernier mandat triennal. Il est au coeur de ses travaux d' "obtenir la reconnaissance et le respect pour la situation unique des Aborigènes et Insulaires du Détroit de Torres en tant que peuples indigènes de l'Australie par l'intermédiaire d'un document national de réconciliation".

Récemment, le Premier Ministre australien, M. John Howard, a précisé : "...il s'agira d'un document qui reconnaît les vérités historiques de ce pays et son occupation antérieure par les peuples indigènes. Il sera centré également sur les besoins de disposer de résultats pratiques pour améliorer la situation des indigènes d'Australie. Il devra inspirer mais aussi ambitionner."

La Présidente du Conseil, Mme Evelyn Scott, est fortement encouragée par l'engagement du Premier Ministre à la cause de la réconciliation avec les peuples aborigènes de l'Australie pour le centenaire de la Fédération en 2001.
Elle croit que le XXIe siècle constitue une occasion exaltante de remodeler les relations entre les Aborigènes et les Insulaires du Détroit de Torres et les autres Australiens.

Dans le cadre de sa stratégie à long terme pour mettre au point les documents de réconciliation, le Conseil doit consulter autant d'Australiens que possible sur le contenu de ces documents. Le Conseil formule le voeu que 1999 soit une année de discussion dans l'ensemble du pays sur les moyens pour l'Australie de parvenir aux objectifs de la réconciliation.

Le Président de la Commission des Aborigènes et des Insulaires du Détroit de Torres, M. Gatjil Djerrkura, membre du Conseil, a déclaré qu'il soutenait la position de Mme Scott selon laquelle une réconciliation véritable devait être l'oeuvre de la nation tout entière et non de seulement quelques dirigeants.

"Il ne fait aucun doute que l'Australie atteint une période de définition de son histoire", a indiqué M. Djerrkura.

En l'an 2000, le Conseil doit présenter le Document de Réconciliation au Ministre de la Réconciliation, l'Honorable Philip Ruddock. Conformément à la Loi du Conseil de Réconciliation avec les Aborigènes (1991), le ministre est tenu de proposer le document aux deux chambres du Parlement.

     
Les dates clefs de l'histoire récente des indigènes
 

1962 : La Législation Electorale de la Fédération est amendée pour que les Aborigènes et les Insulaires du Détroit de Torres puissent voter volontairement.

1967 : Adoption par référendum de dispositions donnant autorité au Gouvernement Australien pour légiférer au nom des peuples aborigènes et pour les inclure dans les recensements.

1969 : Le Bureau d'Aide Sociale aux Aborigènes est aboli 96 ans après sa création.

1971 : Neville Bonner est le premier Aborigène à entrer au Parlement Fédéral. 1971 : Premier déploiement du drapeau aborigène, sur Victoria Square, à Adélaïde.

1972 : Le Pasteur Douglas Nicholls, un Aborigène, est anobli (Chevalier) par la Couronne.

1972 : L'Australien de l'Année est la joueuse de tennis Evonne Goolagong.

1972 : Le Gouvernement Travailliste de M. Gough Whitlam introduit une politique d'autodétermination et crée la Commission des Droits Fonciers des Aborigènes.

1975 : M. Whitlam remet le bail de Daguragu, à Wave Hill Station, dans le Territoire du Nord, au peuple Gurindji.

1976 : L'avocat Pat O'Shane est le premier Aborigène admis au barreau.

1977 : Proclamation de la Loi de 1976 sur les Droits Fonciers des Aborigènes (Territoire du Nord).

1981 : Le Chef du Gouvernement d'Australie Méridionale, M. David Tonkin, remet au peuple Anangu un titre de propriété perpétuelle et libre pour une superficie de 102 603 km².

1983 : Les peuples aborigènes de Noonkanbah, en Australie Occidentale, remportent une bataille juridique de trois ans pour obtenir que des terres tribales soient protégées de l'exploitation et de la prospection minière.

1984 : La Législation Electorale est modifiée pour rendre obligatoire le vote des Aborigènes et des Insulaires du Détroit de Torres.

1984 : Charles Perkins devient le directeur du Ministère fédéral des Affaires Aborigènes; c'est le premier Aborigène à assumer une responsabilité de cette nature.

1985 : La Société Foncière d'Uluru-Kata Tjuta (autrefois Ayers Rock et les Mont Olgas), dans le Territoire du Nord, accepte le titre du parc national au nom de ses propriétaires traditionnels.

1987 : l'Association des Artistes Aborigènes du Nord et du Centre de l'Australie est créée pour promouvoir la production de l'art aborigène au profit des artistes.

1989 : La propriété de Nitmiluk (Katherine Gorge, Territoire du Nord), est rendue au peuple Jawoyn.

1991 : Formation du Conseil de Réconciliation avec les Aborigènes.

1992 : Décision Mabo de la Haute Cour sur le titre indigène.

1993 : Le défunt Eddie Mabo est nommé Australien de l'Année.

1994 : La Loi de 1993 sur le Titre Indigène commence à être appliquée.

1998 : Amendement de la Loi sur le Titre Indigène.

     
     
Tous les élèments de cette page, à part quelques photos, proviennent du site de l'Ambassade de France en Australie.
     
     
L'Australie